Les Renaissances, 1870· La vie des morts· II Le doute
IV. « Sans cesse refoulé, sans cesse jaillissant »
Sans cesse refoulé,‖ sans cesse jaillissant,Aux flancs de la Matière‖ entrouvrant des gerçures,Un flot profond et sourd‖ perle, comme le sangQue filtrent lentement‖ les vieilles meurtrissures.
C'est la source sacrée‖ où, pas à pas, descend,Pour y boire en silence‖ et laver ses blessures,Le troupeau des vivants‖ saignant sous les morsuresDont le Temps, dur pasteur,‖ les déchire en passant.
C'est la Vie inconnue,‖ éternelle et profondeDont vous vivez encore‖ et fécondez le Monde,O frères que pleurait‖ la pâle humanité !
Car, après l'agonie‖ et les adieux suprêmes,Ce qui reste de vous‖ est plus grand que vous-mêmes,O Morts dont l'âme errante‖ emplit l'immensité !
Versification
- Forme
- Sonnet peu classique (sonnet)
- Rimes
- abab abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a jaillissant / sang masculine, non classiqueb gerçures / meurtrissures féminine, classiquea descend / passant masculine, classiqueb blessures / morsures féminine, classiquea profonde / Monde féminine, classiqueb humanité / l'immensité masculine, classiquea suprêmes / vous-mêmes féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.7
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1870· numérisation poesies.net· Sources