Les Renaissances, 1870· A travers l’âme· Impressions
XXIV. Taillade
Le geste est saccadé,‖ l'œil fatal, la voix brève,La douleur ironique‖ et le rire nerveux ;Et c'est comme un frisson‖ quand le souffle du rêve,Sans dérider son front,‖ passe dans ses cheveux.
Inflexible héros‖ de tout drame farouche,C'est le prince maudit,‖ l'amant désespéré :L'âme du vieux Shakspeare‖ a passé par sa boucheOù le vers de Racine‖ expire déchiré.
Plein de l'âpre souci‖ de la sibylle antique,C'est l'attente du Dieu‖ qui règle ses fureurs ;Et, faite d'imprévu,‖ sa verve romantique,Sait d'un rôle effrayant‖ varier les terreurs.
C'est un chercheur vaillant‖ que torture sans trêveLe mal divin du Beau,‖ qui, le long du chemin,Sans cesse fouetté‖ par l'aile d'or du Rêve,Erre, les yeux perdus‖ et le front dans la main.
Au lit froid de Rouvière,‖ un jour la mort vous cloue,Et l'oubli sur vos noms‖ passe comme la mer ;Mais la Muse vous aime‖ et vous pleure et vous loue,Fiers artistes épris‖ d'un idéal amer !
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a brève / rêve féminine, classiqueb nerveux / cheveux masculine, classiquea farouche / bouche féminine, classiqueb désespéré / déchiré masculine, classiquea antique / romantique féminine, classiqueb fureurs / terreurs masculine, classiquea trêve / Rêve féminine, classiqueb chemin / main masculine, classiquea cloue / loue féminine, classiqueb mer / amer masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1870· numérisation poesies.net· Sources