Nouveaux sonnets païens, 1871
IV. « Souvent, — et j'en frémis, — quand sur ta lèvre infâme »
Souvent, — et j'en frémis,‖ — quand sur ta lèvre infâmeJ'ai bu, dans un sanglot,‖ d'amères voluptés,Alors qu'une détresse‖ immense prend mon âme,O toi pour qui je meurs,‖ tu dors à mes côtés !
L'ombre épaisse envahit‖ tes sereines beautésEt jusque sous tes cils‖ éteint tes yeux de flamme ;Ton souffle égal et lent‖ fait comme un bruit de rame :— C'est ton rêve qui fuit‖ vers des bords enchantés.
Repose sans remords,‖ ô cruelle maîtresse !Ignore dans mes bras‖ les pleurs de ma caresse,Car tu n'es pas ma sœur,‖ cœur à peine vivant !
Mais quand la nuit a clos‖ tes paupières meurtries,Quelle pitié des cieux‖ pour les choses flétriesTe rend, sous mes baisers,‖ le sommeil d'un enfant ?
Versification
- Forme
- Sonnet peu classique (sonnet)
- Rimes
- abab baab ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a infâme / âme féminine, classiqueb voluptés / côtés masculine, classiquea beautés / enchantés masculine, classiqueb flamme / rame féminine, classiquea maîtresse / caresse féminine, classiqueb vivant / enfant masculine, classiquea meurtries / flétries féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes Du Parnasse Contemporain, Genève, SLATKINE REPRINTS, 1971· numérisation poesies.net· Sources