Les Solitudes, 1867
De loin
Du bonheur qu'ils rêvaient‖ toujours pur et nouveauLes couples exaucés‖ ne jouissent qu'une heure.Moins ému, leur baiser‖ ne sourit ni ne pleure ;Le nid de leur tendresse‖ en devient le tombeau.
Puisque l'œil assouvi‖ se fatigue du beau,Que la lèvre en jurant‖ un long culte se leurre,Que des printemps d'amour‖ le lis, dès qu'on l'effleure,Où vont les autres lis‖ va lambeau par lambeau,
J'accepte le tourment‖ de vivre éloigné d'elle.Mon hommage muet,‖ mais aussi plus fidèle,D'aucune lassitude‖ en mon cœur n'est puni ;
Posant sur sa beauté‖ mon respect comme un voile,Je l'aime sans désir,‖ comme on aime une étoile,Avec le sentiment‖ qu'elle est à l'infini.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a nouveau / tombeau masculine, classiqueb heure / pleure féminine, classiquea beau / lambeau masculine, classiqueb leurre / l'effleure féminine, classiquea d'elle / fidèle féminine, classiqueb puni / l'infini masculine, classiquea voile / étoile féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1872· numérisation CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales) http://www.cnrtl.fr/corpus/frantext/frantext.php· Sources