Les Solitudes, 1867
Jaloux du printemps
Des saisons la plus désiréeEt la plus rapide, ô printemps,Qu'elle m'est longue, ta durée !Tu possèdes mon adorée,Et je l'attends !
Ton azur ne me sourit guère,C'est en hiver que je la vois ;Et cette douceur éphémère,Je ne l'ai dans l'année entièreRien qu'une fois.
Mon bonheur n'est qu'une étincelleVolée au bal dans un coup d'œil :L'hiver passe, et je vis sans elle ;C'est pourquoi, fête universelle,Tu m'es un deuil.
J'ai peur de toi quand je la quitte :Je crains qu'une fleur d'oranger,Tombant sur son cœur, ne l'inviteÀ consulter la marguerite,Et quel danger !
Ce cœur qui ne sait rien encore,Couvé par tes tendres chaleurs,Devine et pressent son aurore ;Il s'ouvre à toi qui fais écloreToutes les fleurs.
Ton souffle l'étonne, elle écouteLes conseils embaumés de l'air ;C'est l'air de mai que je redoute,Je sens que je la perdrai touteAvant l'hiver.
Versification
- Forme
- 6 quintils (quintils)
- Rimes
- 6(abaab)
- Mètre
- Octosyllabes et tétrasyllabes (24 de 8, 6 de 4)· profil 4, 8
- Strophes
- 6 quintils
- Mots à la rime
- a désirée / durée / adorée féminine, classiqueb printemps / l'attends masculine, classiquea guère / éphémère / entière féminine, classiqueb vois / fois masculine, classiquea étincelle / elle / universelle féminine, classiqueb d'œil / deuil masculine, classiquea quitte / l'invite / marguerite féminine, classiqueb d'oranger / danger masculine, classiquea encore / aurore / éclore féminine, classiqueb chaleurs / fleurs masculine, classiquea écoute / redoute / toute féminine, classiqueb l'air / l'hiver masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
30 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1872· numérisation CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales) http://www.cnrtl.fr/corpus/frantext/frantext.php· Sources