Les Solitudes, 1867
La bouture
Au temps où les plaines sont vertes,Où le ciel dore les chemins,Où la grâce des fleurs ouvertesTente les lèvres et les mains,
Au mois de mai, sur sa fenêtre,Un jeune homme avait un rosier ;Il y laissait les roses naîtreSans les voir ni s'en soucier ;
Et les femmes qui d'aventurePassaient près du bel arbrisseau,En se jouant, pour leur ceinturePillaient les fleurs du jouvenceau.
Sous leurs doigts, d'un précoce automneMourait l'arbuste dévasté ;Il perdit toute sa couronne,Et la fenêtre sa gaîté ;
Si bien qu'un jour, de porte en porte,Le jeune homme frappa, criant :« Qu'une de vous me la rapporte,La fleur qu'elle a prise en riant ! »
Mais les portes demeuraient closes.Une à la fin pourtant s'ouvrit :« Ah ! Viens, dit en montrant des rosesUne vierge qui lui sourit ;
« Je n'ai rien pris pour ma parure ;Mais sauvant le dernier rameau,Vois ! J'en ai fait cette bouture,Pour te le rendre un jour plus beau. »
Versification
- Forme
- 7 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 7(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 7 quatrains
- Mots à la rime
- a vertes / ouvertes féminine, classiqueb chemins / mains masculine, classiquea fenêtre / naître féminine, classiqueb rosier / soucier masculine, classiquea d'aventure / ceinture féminine, classiqueb arbrisseau / jouvenceau masculine, classiquea automne / couronne féminine, classiqueb dévasté / gaîté masculine, classiquea porte / rapporte féminine, classiqueb criant / riant masculine, classiquea closes / roses féminine, classiqueb s'ouvrit / sourit masculine, classiquea parure / bouture féminine, classiqueb rameau / beau masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1872· numérisation CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales) http://www.cnrtl.fr/corpus/frantext/frantext.php· Sources