Les Vaines Tendresses, 1875
À Théophile Gautier
Maître, qui du grand art‖ levant le pur flambeau,Pour consoler la chair‖ besoigneuse et fragile,Rendis sa gloire antique‖ à cette exquise argile,Ton corps va donc subir‖ l'outrage du tombeau !
Ton âme a donc rejoint‖ le somnolent troupeauDes ombres sans désirs,‖ où l'attendait Virgile,Toi qui né pour le jour‖ d'où le trépas t'exile,Faisais des Voluptés‖ les prêtresses du Beau !
Ah ! les dieux (si les dieux‖ y peuvent quelque chose)Devaient ravir ce corps‖ dans une apothéose,D'incorruptible chair‖ l'embaumer pour toujours,
Et l'âme ! l'envoyer‖ dans la Nature entière,Savourer librement,‖ éparse en la matière,L'ivresse des couleurs‖ et la paix des contours !
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a flambeau / tombeau masculine, classiqueb fragile / argile féminine, classiquea troupeau / Beau masculine, classiqueb Virgile / t'exile féminine, classiquea chose / apothéose féminine, classiqueb toujours / contours masculine, classiquea entière / matière féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Vaines Tendresses, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1875· numérisation inlibroveritas.net· Sources