Les Vaines Tendresses, 1875
Invitation à la valse
C'était une amitié‖ simple et pourtant secrète :J'avais sur sa parure‖ un fraternel pouvoir,Et quand au seuil d'un bal‖ nous nous trouvions le soir,J'aimais à l'arrêter‖ devant moi toute prête.
Elle abattait sa jupe‖ en renversant la tête,Et consultait mes yeux‖ comme un dernier miroir,Puis elle me glissait‖ un furtif : « Au revoir ! »Et belle, en souveraine,‖ elle entrait dans la fête.
Je l'y suivais bientôt.‖ Sur un signe connu,Parmi les mendiants‖ que sa malice affame,Je m'avançais vers elle,‖ et modeste, ingénu :
« Vous m'avez accordé‖ cette valse, madame ? »J'avais l'air de prier‖ n'importe quelle femme,Elle me disait : « Oui »‖ comme au premier venu.
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abba abba cdc ddc
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a secrète / prête féminine, classiqueb pouvoir / soir masculine, classiquea tête / fête féminine, classiqueb miroir / revoir masculine, classiquea connu / ingénu / venu masculine, classiqueb affame / madame / femme féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.5· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Vaines Tendresses, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1875· numérisation inlibroveritas.net· Sources