Au pays du Mufle, 1891· Quatorzains d’été
Quinze centimes
L’œil vairon et le nez‖ de pustules fleuri,Sous l’effrayant amas‖ de son bonnet à coques,La buraliste, au seuil‖ de l’odorant abri,Exhale sa douleur‖ en mornes soliloques :
— « Injuste sort ! Devant‖ cet Odéon banal.Me faudra-t-il, sans cesse,‖ aux heures taciturnes,Offrir aux vieux messieurs‖ des carrés de journal,Ô Casimir ! tandis‖ que sonnent tes cothurnes !
Moi qui connus Ponsard‖ et feu Scribe, ô regrets !Dois-je rincer l’amphore‖ où le client s’épanche ?Malpropres les bourgeois‖ autant que des gorets !
Et cuire ma boubouille‖ au fond des lieux secretsSans connaître jamais‖ l’espoir d’un beau dimanche ?« Dieux ! que ne suis-je assise‖ à l’ombre des forêts ! »
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abab cdcd efe efe
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a fleuri / abri masculine, classiqueb coques / soliloques féminine, classiquea banal / journal masculine, classiqueb taciturnes / cothurnes féminine, classiquea regrets / gorets masculine, classiqueb s’épanche / dimanche féminine, classiquea secrets / forêts masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Au pays du Mufle, Léon Vanier, éditeur, Paris, 1891· numérisation wikisource.org· Sources