Les poésies, 1887‑1926· Les sonnets (1893-1910)
III. A ernest Raynaud
N'est-ce pas que l'ardeur‖ fut jadis retardée,Que bornait contre toi‖ le séjour languissantDu fleuve, quand tu fus‖ aux Ombres arrivant,Raynaud, d'un haut désir‖ et d'une noble idée ?
N'est-ce pas que tu veux,‖ la sachant bien guidée,Et comme l'un de nous,‖ courageux, y descend,Reprendre chez les Morts‖ encore que vivant,Cette Eurydice aimée‖ et trop tôt regardée ?
Sa face dérobée‖ à l'usage des cieuxN'a pas d'un vain regret‖ attristé sa lumièreEt n'a de sa beauté‖ rien perdu que nos yeux.
Orphée au noir Hadès‖ la laissa prisonnière :Et celui-là peut seul‖ l'amener à nos joursQui domptera le feu‖ des communes amours.
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abba abba cdc dee
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a retardée / idée féminine, classiqueb languissant / arrivant masculine, classiquea guidée / regardée féminine, classiqueb descend / vivant masculine, classiquea cieux / yeux masculine, classiqueb lumière / prisonnière féminine, classiqueb jours / amours masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Poésies, Paris, Albin Michel, 1938· Sources