Les poésies, 1887‑1926· Les sonnets (1893-1910)
XI. « O nuit, ô nuit livide incrustée en ma chair »
O nuit, ô nuit livide‖ incrustée en ma chair,Tunique de poison‖ qui souille et qui dévore,Tu verses dans mon cœur,‖ ainsi que d'une amphore,La foudre rugissante‖ et le sinistre éclair.
Quand je t'arracherais,‖ d'une griffe de fer,Avec mon dernier cri‖ tu renaîtrais encore.— O proue étincelante‖ aux golfes de l'aurore,Soleil rafraîchissant,‖ que tu me serais cher ! —
Mais tout espoir est vain‖ de cette aube divine,Et pour que la lumière‖ inondât ma poitrine,Comme Hercule il faudrait,‖ trompé du même amour,
Éteindre au même feu‖ l'irritante morsure,Et , prenant des sommets‖ la route la plus sûre,De mon corps embrasé‖ faire surgir le jour.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a chair / éclair masculine, classiqueb dévore / amphore féminine, classiquea fer / cher masculine, classiqueb encore / l'aurore féminine, classiquea divine / poitrine féminine, classiqueb amour / jour masculine, classiquea morsure / sûre féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Poésies, Paris, Albin Michel, 1938· Sources