Pauca Paucis, 1894· Première série· Nugæ
X. A gérome coquard
EN RESPONSE
VRAY, ne sçais rien ! — Ne sçais qui fit aube et serée,Et planta les clous d’or à la sphère etherée ;Ni qui du bourgeon mol fait crever la cloison ;Ni pourquoy le grain lourd succède à fleuraison ;Ni pourquoy, soubz les cieux, tout meurt et tout procrée.
Mais brusler à vingt ans d’une âme enamourée ;Plus meur, gouster les fruits de l’Automne pourprée,Et quand jà tremble Hyver, me chauffer au tison,Vray, le scais bien.
Ne me maucœurer point de la chose ignorée ;Mettre dans le demain creance temperée ;Chercher en tout le basme et non pas le poison ;Et, fléchissant les dieux par condigne oraison,Attendre que le soir vienne clore l’ouvrée,_Vray, le sçais bien !
15 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pauca Paucis, LYON, BERNOUX ET CUMIN, ÉDITEURS, 1894· numérisation google.com· Sources