Pauca Paucis, 1894· Première série· Ultra Cognita
VIII. A hermès
PARAIS, fils de la nymphe aux boucles vagabondes,Unie au Kroniôn dans les grottes profondes,Loin des regards jaloux d’Héra ! Parais, Hermès,Qui parcours et l’Olympe et la Terre et l’Hadès,Bienveillant messager des Êtres impassibles !O subtil conducteur des bœufs aux pieds flexibles,Lorsque se rompt le fil ourdi par Lachésis,Tu mènes, dit-on, l’ombre au dême d’Éleusis,Dans l’antre noir cachant les portes du Cocyte ;O toi qu’en vain jamais mortel ne sollicite,Hermès, enseigne-moi ! Dis ce qu’après la mortDevient l’homme ! Vit-il de nouveaux jours ? S’il dort,Son sommeil doit-il être éternel ? Quel mystèreCache le noir sépulcre ?Enfant, né de la TerrePour un jour, ne prends pas le chimérique soinDe percer le secret. Ne t’inquiète pointDe ce qu’ordonna Zeus ! Humble, qu’il te suffiseDe savoir que c’est bien ; paisible, tranquilliseTon cher cœur. Et surtout, ô néant orgueilleux,N’estime point savoir ce qu’ont caché les dieux !
21 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pauca Paucis, LYON, BERNOUX ET CUMIN, ÉDITEURS, 1894· numérisation google.com· Sources