Pauca Paucis, 1894· Seconde série· Aurea carmina
III. « AMIS, dans le grand tout, croyez-le, rien n’est mort »
AMIS, dans le grand tout, croyez-le, rien n’est mort ;Tout aspire, se meut ; tout vit, tout fait effort,Tout aime. Chaque atome accourt à son semblable,Soit qu’il vole à ton cœur ou vole au grain de sable.Ne vous abusez point d’une vaine apparence :Le brin d’herbe a sa joie, et l’arbre sa souffrance ;Le froid granit lui-même a son obscure vie,Ses vœux, ses appétits, sa flamme inassouvie.La lyre qui mouvait les rochers attendris,Et que tu vois là-haut, durant les nuits sans voiles,De ses sons guide encor la danse des étoiles.— Mortel, sur le fronton sacré du temple, inscris :LA MATIÈRE EST NÉANT, ET PARTOUT EST L’ESPRIT.
13 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pauca Paucis, LYON, BERNOUX ET CUMIN, ÉDITEURS, 1894· numérisation google.com· Sources