Pauca Paucis, 1894· Seconde série· Aurea carmina
X. « O PÈRE saint, si tu détenais dans ta main droite »
O PÈRE saint, si tu détenais dans ta main droiteCe pur trésor qu’éternellement l’homme convoite :La Vérité ! Puis dans l’autre main, l’ardent désir,Qui la poursuit, sans même l’espoir de la saisir,Je te dirais : « Source de tout bien, ouvre ta gauche !Conserve-moi les songes errants que l’âme ébauche,Ma passion irrémédiable du Pourquoi !L’éclat du Vrai, trop vif pour nos yeux, n’est que pour toi !Rien n’ennoblit que l’effort, l’effort même illusoire.Ce qui m’émeut, c’est l’âpre combat, non la victoire. »
10 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pauca Paucis, LYON, BERNOUX ET CUMIN, ÉDITEURS, 1894· numérisation google.com· Sources