Pauca Paucis, 1894· Seconde série· Nugæ
VIII. Première a Mirza
LES dieux ne vous ont point donné, je le confesse,L’aimable bouche en cœur d’une vierge timide,Et votre voix, Mirza, est moins enchanteresseQue celle d’Alboni dans la Sémiramide.Mais de charmes, pourtant, vous n’êtes pas exempte.Votre bouche, après tout, n’est point si déplaisante :Dans vos perles, craquant sur l’os blanc et sonore,Le dentiste jamais ne fixa d’osanore,Et votre langue, rose et mobile, sans cesse,Va quêtant le baiser d’une tendre maîtresse.— Mais combien je la trouve belle, quand je songeQu’elle ne sut jamais proférer un mensonge !
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Pauca Paucis, LYON, BERNOUX ET CUMIN, ÉDITEURS, 1894· numérisation google.com· Sources