Vers inédits, 1919· Premiers vers
IX. Don Juan
A. A. Cotoni
J’ai vu Don Juan vieillard,‖ mais toujours amoureux,Seul à se rappeler‖ ses gloires printanières,Et qui parodiait‖ les nouvelles manières,Un pas adolescent,‖ des regards langoureux.
Le rire et le mépris,‖ ainsi que des lanières,Sifflaient autour de lui.‖ Ses genoux douloureuxSe meurtrissaient au seuil,‖ implacable pour eux.Des Gothons qu'il allait‖ poursuivre en leurs tanières.
Car tu n'es pas mort jeune,‖ ainsi qu'on l'avait dit,O Don Juan ; mais sénile,‖ et grotesque, et mauditTu t'es longtemps traîné‖ sur les bords de la tombe.
Mieux : eût valu mourir‖ en ta pleine beautéQue ce spectacle vil‖ d'un Dieu vaincu qui tombe,Ce coucher de soleil‖ sans flamme et sans fierté.
1889
Versification
- Forme
- Sonnet peu classique (sonnet)
- Rimes
- abba baab ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a amoureux / langoureux masculine, classiqueb printanières / manières féminine, classiquea lanières / tanières féminine, classiqueb douloureux / eux masculine, classiquea dit / maudit masculine, classiqueb tombe féminine, classiquea beauté / fierté masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 4.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers inédits, Paris, LE DIVAN, 1936· numérisation Bibliothèque électronique, Université de Maurice· Sources