Vers inédits, 1919· Premiers vers· III Sonnets exotiques
3. « En vain brillent les eaux, pour qu’il s’y désaltère »
En vain brillent les eaux, pour qu’il s’y désaltère.Moloch féroce boit‖ les larmes des forêts.L’île chaude sous lui‖ fume comme un cratère.Les oiseaux se sont tus‖ dans les arbres retraits.
Mais loin du ciel grisâtre‖ et de la morne terreLes murs gardent encor‖ des repaires discretsOù le sommeil pour l'homme‖ évoque avec mystèreL’essaim silencieux‖ des rêves aux doigts frais.
Et déjà vient le soir‖ parmi les aromates.Arrachant sa chair brune‖ à la fraîcheur des nattes,Dans son voile éclatant,‖ comme une longue fleur,
Djalia s'est dressée‖ et fait tinter ses bagues,Tandis que les rayons‖ du soleil qui se meurtAllument une flamme‖ à ses prunelles vagues.
Île Maurice, 1888.
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abab abab ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a désaltère / cratère féminine, classiqueb forêts / retraits masculine, classiquea terre / mystère féminine, classiqueb discrets / frais masculine, classiquea aromates / nattes féminine, classiqueb fleur / meurt masculine, non classiquea bagues / vagues féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.7
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers inédits, Paris, LE DIVAN, 1936· numérisation Bibliothèque électronique, Université de Maurice· Sources