Confiteor, 1891· Les vestales
Mors
« Les racines du cœur qui pendent, arrachées !… »(Victor Hugo.)
Depuis le premier jour‖ où l'Homme, grave et blême,Tombant à deux genoux‖ près d'un cher compagnon,Avec angoisse, en vain,‖ le nomma par son nom,Et dut l'ensevelir‖ avec l'adieu suprême,
Tant d'hommes, à leur tour,‖ ont disparu de mêmeDans le gouffre muet‖ du sépulcre profond,Qu'il devrait être mort,‖ bien mort, le vieux blasphèmeJailli du premier cœur‖ révolté sous l'affront !
Mais rien, ni la science‖ éloquente des causes,Ni l'acquiescement‖ aux Lois Saintes des choses,Ni le doute moqueur,‖ ni la Foi, ni l'orgueil,
Rien n'a pu vaincre en nous,‖ par-devant une tombe,L'inexprimable horreur‖ du sol froid, qui retombeSur la planche lugubre‖ et sourde du cercueil !
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abba cdcd eef ggf
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a blême / suprême féminine, classiqueb compagnon / nom masculine, classiquea même / blasphème féminine, classiqueb profond / l'affront masculine, classiquea causes / choses féminine, classiqueb l'orgueil / cercueil masculine, classiquea tombe / retombe féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Confiteor, Paris, COMPTOIR D’ÉDITION, LETTRES, SCIENCES ET ARTS, 1891· numérisation Google Books· Sources