Confiteor, 1891· Les vestales
Ειρωνεια
A François Picot.
Tant que chantent les bois,‖ tant qu'embaument les roses,Tant que rit ce miracle‖ aux grands cieux : la clarté,Tant que fuit sous nos pieds‖ le torrent des jours rosesAu fil mystérieux‖ d'un beau rêve emporté ;
Tout rayonne, à nos yeux,‖ de grâce et de gaîté ;Nous ignorons les maux,‖ les pleurs, les deuils moroses,Et, pleins d'hymnes joyeux‖ au Souverain des choses,Nous l'adorons, dans sa‖ justice et sa bonté…
Mais qu'un souci léger,‖ qu’un ennui nous étonne,Qu'au triomphal Été‖ succède l'âpre Automne,Notre cœur inconstant‖ d'amertume s'emplit :
« Le Monde est infernal,‖ le sort est implacable !… »Et nous levons nos poings‖ vers Dieu qui nous accable,Jusqu'à l'heure où revient‖ le Printemps, – ou l'oubli !
Versification
- Forme
- Sonnet peu classique (sonnet)
- Rimes
- abab baab ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a roses féminine, classiqueb clarté / emporté masculine, classiquea gaîté / bonté masculine, classiqueb moroses / choses féminine, classiquea étonne / Automne féminine, classiqueb s'emplit / l'oubli masculine, non classiquea implacable / accable féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.0· écart moyen à la rime classique 0.7
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Confiteor, Paris, COMPTOIR D’ÉDITION, LETTRES, SCIENCES ET ARTS, 1891· numérisation Google Books· Sources