Confiteor, 1891· La ritournelle des amoureux
Séparation
Dans son jardin bleui‖ par le soir, les fleurs tristes,Malades, énervaient‖ de leurs parfums nos sens ;Au ciel pâle mouraient‖ des lueurs d'améthystes,Et nous marchions pensifs,‖ muets et languissants.
Les rumeurs avaient fui‖ des fêtes, des misères,Du fracas dont le Monde‖ illusoire est empli.L'ivresse était si forte‖ en nos âmes sincèresQu'elle en désaltérait‖ presque la soif d'oubli.
Nous marchions côte à côte,‖ avec les mains unies,En un brûlant éclair‖ croisant parfois nos yeux.L'inconnu fascinant‖ large ouvert sur nos viesDonnait une saveur‖ poignante à nos adieux…
Et dans nos seins émus‖ quelle douce tempêteLorsque, venant sa bouche‖ à mes lèvres offrir,Soupirante, elle dit,‖ en renversant la tête :« Oh ! pourquoi les baisers‖ ne font-ils pas mourir ? »
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a tristes / d'améthystes féminine, classiqueb sens / languissants masculine, classiquea misères / sincères féminine, classiqueb empli / d'oubli masculine, classiquea unies / vies féminine, classiqueb yeux / adieux masculine, classiquea tempête / tête féminine, classiqueb offrir / mourir masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Confiteor, Paris, COMPTOIR D’ÉDITION, LETTRES, SCIENCES ET ARTS, 1891· numérisation Google Books· Sources