Confiteor, 1891· Les arabesques
Souvenir
Parfois, il me souvient de celleQue j'aimais d'amour, à dix ans.Ses traits ne me sont plus présents,Mais je l'aimais : elle était belle !…En l'évoquant, je me rappelle,Vagues, des yeux étincelants,Et des mains d'une blancheur telleQue les lys mêmes sont moins blancs :Des gestes de Princesse frêle,Si gracieux, comme hésitants !..Il me souvient de sa dentelleFaite à la mode du vieux temps…Légère ainsi qu'une hirondelle,Ses paroles étaient des chants…Aujourd'hui, sous une asphodèle,Peut-être elle dort, dans les champs !…Mais qu'importe ? Elle est immortelle,La Fleur de mon premier Printemps,– Et je n'ai pas souffert pour elleCe qu'il faut qu'on souffre pour celleQu'on aime d'amour, à vingt ans !
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Rimes
- 1[abba] 3[abab] 1[abaab]
- Mètre
- Octosyllabes
- Mots à la rime
- a celle / belle féminine, classiqueb ans / présents masculine, classiquec rappelle / telle féminine, classiqued étincelants / blancs masculine, classiquee frêle / dentelle féminine, classiquef hésitants / temps masculine, classiqueg hirondelle / asphodèle féminine, classiqueh chants / champs masculine, classiquei immortelle / elle / celle féminine, classiquej Printemps / ans masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
21 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Confiteor, Paris, COMPTOIR D’ÉDITION, LETTRES, SCIENCES ET ARTS, 1891· numérisation Google Books· Sources