Charmes, 1922
L’Abeille
à Francis De Miomandre.
Quelle, et si fine, et si mortelle,Que soit ta pointe, blonde abeille,Je n’ai, sur ma tendre corbeille,Jeté qu’un songe de dentelle.
Pique du sein la gourde belle,Sur qui l’Amour meurt ou sommeille,Qu’un peu de moi-même vermeille,Vienne à la chair ronde et rebelle !
J’ai grand besoin d’un prompt tourment :Un mal vif et bien terminéVaut mieux qu’un supplice dormant !
Soit donc mon sens illuminéPar cette infime alerte d’orSans qui l’Amour meurt ou s’endort !
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abba abba cdc dee
- Mètre
- Octosyllabes
- Mots à la rime
- a mortelle / dentelle féminine, classiqueb abeille / corbeille féminine, classiquea belle / rebelle féminine, classiqueb sommeille / vermeille féminine, classiquea tourment / dormant masculine, classiqueb terminé / illuminé masculine, classiqueb d’or / s’endort masculine, non classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 3.4· écart moyen à la rime classique 0.7
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Charmes, Paris, Éditions de la Nouvelle Revue Française, 1922· numérisation poesies.net· Sources