La jeune parque, 1917
La Jeune Parque
à André Gide : Depuis bien des années j’avais laissé l’art des vers : essayant de m’y astreindre encore, j’ai fait cet exercice que je te dédie.
Le Ciel a-t-il formé cet amas de merveilles
Pour la demeure d’un serpent ?Pierre Corneille.
Qui pleure là, sinon‖ le vent simple, à cette heureSeule, avec diamants‖ extrêmes ?… Mais qui pleure,Si proche de moi-même‖ au moment de pleurer ?
Cette main, sur mes traits‖ qu’elle rêve effleurer,Distraitement docile‖ à quelque fin profonde,Attend de ma faiblesse‖ une larme qui fonde,Et que de mes destins‖ lentement divisé,Le plus pur en silence‖ éclaire un cœur brisé.La houle me murmure‖ une ombre de reproche,Ou retire ici-bas,‖ dans ses gorges de roche,Comme chose déçue‖ et bue amèrement,Une rumeur de plainte‖ et de resserrement…Que fais-tu, hérissée,‖ et cette main glacée,Et quel frémissement‖ d’une feuille effacéePersiste parmi vous,‖ îles de mon sein nu ?…Je scintille, liée‖ à ce ciel inconnu…L’immense grappe brille‖ à ma soif de désastres.
Tout-puissants étrangers,‖ inévitables astresQui daignez faire luire‖ au lointain temporelJe ne sais quoi de pur‖ et de surnaturel ;Vous qui dans les mortels‖ plongez jusques aux larmesCes souverains éclats,‖ ces invincibles armes,Et les élancements‖ de votre éternité,Je suis seule avec vous,‖ tremblante, ayant quittéMa couche ; et sur l’écueil‖ mordu par la merveille,J’interroge mon cœur‖ quelle douleur l’éveille,Quel crime par moi-même‖ ou sut moi consommé ?…… Ou si le mal me suit‖ d’un songe refermé,Quand (au velours du souffle‖ envolé l’or des lampes)J’ai de mes bras épais‖ environné mes tempes,Et longtemps de mon âme‖ attendu les éclairs ?Toute ? Mais toute à moi,‖ maîtresse de mes chairs,Durcissant d’un frisson‖ leur étrange étendue,Et dans mes doux liens,‖ à mon sang suspendue,Je me voyais me voir,‖ sinueuse, et doraisDe regards en regards,‖ mes profondes forêts.
J’y suivais un serpent‖ qui venait de me mordre.
Quel repli de désirs,‖ sa traîne !… Quel désordreDe trésors s’arrachant‖ à mon avidité,Et quelle sombre soif‖ de la limpidité !
Ô ruse !… À la lueur‖ de la douleur laisséeJe me sentis connue‖ encor plus que blessée…Au plus traître de l’âme,‖ une pointe me naît ;Le poison, mon poison,‖ m’éclaire et se connaît :Il colore une vierge‖ à soi-même enlacée,Jalouse… Mais de qui,‖ jalouse et menacée ?Et quel silence parle‖ à mon seul possesseur ?
Dieux ! Dans ma lourde plaie‖ une secrète sœurBrûle, qui se préfère‖ à l’extrême attentive.
Va ! je n’ai plus besoin‖ de ta race naïve,Cher Serpent… Je m’enlace, être vertigineux !Cesse de me prêter‖ ce mélange de nœudsNi ta fidélité‖ qui me fuit et devine…Mon âme y peut suffire,‖ ornement de ruine !Elle sait, sur mon ombre‖ égarant ses tourments,De mon sein, dans les nuits,‖ mordre les rocs charmants ;Elle y suce longtemps‖ le lait des rêveries…Laisse donc défaillir‖ ce bras de pierreriesQui menace d’amour‖ mon sort spirituel…Tu ne peux rien sur moi‖ qui ne soit moins cruel,Moins désirable… Apaise‖ alors, calme ces ondes,Rappelle ces remous,‖ ces promesses immondes…Ma surprise s’abrège,‖ et mes yeux sont ouverts.Je n’attendais pas moins‖ de mes riches désertsQu’un tel enfantement‖ de fureur et de tresse :Leurs fonds passionnés‖ brillent de sécheresseSi loin que je m’avance‖ et m’altère pour voirDe mes enfers pensifs‖ les confins sans espoir…Je sais… Ma lassitude‖ est parfois un théâtre.L’esprit n’est pas si pur‖ que jamais idolâtreSa fougue solitaire‖ aux élans de flambeauNe fasse fuir les murs‖ de son morne tombeau.Tout peut naître ici-bas‖ d’une attente infinie.L’ombre même le cède‖ à certaine agonie,L’âme avare s’entr’ouvre,‖ et du monstre s’émeutQui se tord sur les pas‖ d’une porte de feu…Mais, pour capricieux‖ et prompt que tu paraisses,Reptile, ô vifs détours‖ tout courus de caresses,Si proche impatience‖ et si lourde langueur,Qu’es-tu, près de ma nuit‖ d’éternelle longueur ?Tu regardais dormir‖ ma belle négligence…Mais avec mes périls,‖ je suis d’intelligence,Plus versatile, ô Thyrse,‖ et plus perfide qu’eux.Fuis-moi ! du noir retour‖ reprends le fil visqueux !Va chercher des yeux clos‖ pour tes danses massives.Coule vers d’autres lits‖ tes robes successives,Couve sur d’autres cœurs‖ les germes de leur mal,Et que dans les anneaux‖ de ton rêve animalHalète jusqu’au jour‖ l’innocence anxieuse !…Moi, je veille. Je sors,‖ pâle et prodigieuse,Toute humide des pleurs‖ que je n’ai point versés,D’une absence aux contours‖ de mortelle bercésPar soi seule… Et brisant‖ une tombe sereine,Je m’accoude inquiète‖ et pourtant souveraine,Tant de mes visions‖ parmi la nuit et l’œil,Les moindres mouvements‖ consultent mon orgueil. »
Mais je tremblais de perdre‖ une douleur divine !Je baisais sur ma main‖ cette morsure fine,Et je ne savais plus‖ de mon antique corpsInsensible, qu’un feu‖ qui brûlait sur mes bords :
Adieu, pensai-je, MOI,‖ mortelle sœur, mensonge…
Harmonieuse MOI,‖ différente d’un songe,Femme flexible et ferme‖ aux silences suivisD’actes purs !… Front limpide,‖ et par ondes ravis,Si loin que le vent vague‖ et velu les achèveLongs brins légers qu’au large‖ un vol mêle et soulève,Dites !… J’étais l’égale‖ et l’épouse du jour,Seul support souriant‖ que je formais d’amourÀ la toute-puissante‖ altitude adorée…
Quel éclat sur mes cils‖ aveuglément dorée,Ô paupières qu’opprime‖ une nuit de trésor,Je priais à tâtons‖ dans vos ténèbres d’or !Poreuse à l’éternel‖ qui me semblait m’enclore,Je m’offrais dans mon fruit‖ de velours qu’il dévore ;Rien ne me murmurait‖ qu’un désir de mourirDans cette blonde pulpe‖ au soleil pût mûrir :Mon amère saveur‖ ne m’était point venue.Je ne sacrifiais‖ que mon épaule nueÀ la lumière ; et sur‖ cette gorge de miel,Dont la tendre naissance‖ accomplissait le ciel,Se venait assoupir‖ la figure du monde.Puis, dans le dieu brillant,‖ captive vagabonde,Je m’ébranlais brûlante‖ et foulais le sol plein,Liant et déliant‖ mes ombres sous le lin.Heureuse ! À la hauteur‖ de tant de gerbes belles,Qui laissait à ma robe‖ obéir les ombelles,Dans les abaissements‖ de leur frêle fiertéEt si, contre le fil‖ de cette liberté,Si la robe s’arrache‖ à la rebelle ronce,L’arc de mon brusque corps‖ s’accuse et me prononce,Nu sous le voile enflé‖ de vivantes couleursQue dispute ma race‖ aux longs liens de fleurs !
Je regrette à demi‖ cette vaine puissance…Une avec le désir,‖ je fus l’obéissanceImminente, attachée‖ à ces genoux polis ;De mouvements si prompts‖ mes vœux étaient remplisQue je sentais ma cause‖ à peine plus agile !Vers mes sens lumineux‖ nageait ma blonde argile,Et dans l’ardente paix‖ des songes naturels,Tous ces pas infinis‖ me semblaient éternels.Si ce n’est, ô Splendeur,‖ qu’à mes pieds l’Ennemie,Mon ombre ! la mobile‖ et la souple momie,De mon absence peinte‖ effleurait sans effortLa terre où je fuyais‖ cette légère mort.Entre la rose et moi‖ je la vois qui s’abrite ;Sur la poudre qui danse,‖ elle glisse et n’irriteNul feuillage, mais passe,‖ et se brise partout…Glisse ! Barque funèbre…
Et moi vive, debout,Dure, et de mon néant‖ secrètement armée,Mais, comme par l’amour‖ une joue enflammée,Et la narine jointe‖ au vent de l’oranger,Je ne rends plus au jour‖ qu’un regard étranger…Oh ! combien peut grandir‖ dans ma nuit curieuseDe mon cœur séparé‖ la part mystérieuse,Et de sombres essais‖ s’approfondir mon art !…Loin des purs environs,‖ je suis captive, et parL’évanouissement‖ d’arômes abattue,Je sens sous les rayons,‖ frissonner ma statue,Des caprices de l’or,‖ son marbre parcouru.Mais je sais ce que voit‖ mon regard disparu ;Mon œil noir est le seuil‖ d’infernales demeures !Je pense, abandonnant‖ à la brise les heuresEt l’âme sans retour‖ des arbustes amers,Je pense, sur le bord‖ doré de l’univers,À ce goût de périr‖ qui prend la PythonisseEn qui mugit l’espoir‖ que le monde finisse.Je renouvelle en moi‖ mes énigmes, mes dieux,Mes pas interrompus‖ de paroles aux cieux,Mes pauses, sur le pied‖ portant la rêverieQui suit au miroir d’aile un oiseau qui varie,Cent fois sur le soleil‖ joue avec le néant,Et brûle, au sombre but‖ de mon marbre béant.
Ô dangereusement‖ de son regard la proie !
Car l’œil spirituel‖ sur ses plages de soieAvait déjà vu luire‖ et pâlir trop de joursDont je m’étais prédit‖ les couleurs et le cours.L’ennui, le clair ennui‖ de mirer leur nuance,Me donnait sur ma vie‖ une funeste avance :L’aube me dévoilait‖ tout le jour ennemi.J’étais à demi morte ;‖ et peut-être, à demiImmortelle, rêvant‖ que le futur lui-mêmeNe fût qu’un diamant‖ fermant le diadèmeOù s’échange le froid‖ des malheurs qui naîtrontParmi tant d’autres feux‖ absolus de mon front.
Osera-t-il, le Temps,‖ de mes diverses tombes,Ressusciter un soir‖ favori des colombes,Un soir qui traîne au fil‖ d’un lambeau voyageurDe ma docile enfance‖ un reflet de rougeur,Et trempe à l’émeraude‖ un long rose de honte ?
Souvenir, ô bûcher,‖ dont le vent d’or m’affronte,Souffle au masque la pourpre‖ imprégnant le refusD’être en moi-même en flamme‖ une autre que je fus…Viens, mon sang, viens rougir‖ la pâle circonstanceQu’ennoblissait l’azur‖ de la sainte distance,Et l’insensible iris‖ du temps que j’adorai !Viens consumer sur moi‖ ce don décoloréViens ! que je reconnaisse‖ et que je les haïsse,Cette ombrageuse enfant,‖ ce silence complice,Ce trouble transparent‖ qui baigne dans les bois…Et de mon sein glacé‖ rejaillisse la voixQue j’ignorais si rauque‖ et d’amour si voilée…Le col charmant cherchant‖ la chasseresse ailée.
Mon cœur fut-il si près‖ d’un cœur qui va faiblir ?
Fut-ce bien moi, grands cils‖ qui crus m’ensevelirDans l’arrière douceur‖ riant à vos menaces…Ô pampres ! sur ma joue‖ errant en fils tenaces,Ou toi… de cils tissue‖ et de fluides fûts,Tendre lueur d’un soir‖ brisé de bras confus ?
« Que dans le ciel placés,‖ mes yeux tracent mon temple !Et que sur moi repose‖ un autel sans exemple ! »
Criaient de tout mon corps‖ la pierre et la pâleur…La terre ne m’est plus‖ qu’un bandeau de couleurQui coule et se refuse‖ au front blanc de vertige…Tout l’univers chancelle‖ et tremble sur ma tige,La pensive couronne‖ échappe à mes esprits,La mort veut respirer‖ cette rose sans prixDont la douceur importe‖ à sa fin ténébreuse !
Que si ma tendre odeur‖ grise ta tête creuse,Ô mort, respire enfin‖ cette esclave de roi :Appelle-moi, délie !‖… Et désespère-moi,De moi-même si lasse,‖ image condamnée !Écoute… N’attends plus…‖ La renaissante annéeÀ tout mon sang prédit‖ de secrets mouvements :Le gel cède à regret‖ ses derniers diamants…Demain, sur un soupir‖ des Bontés constellées,Le printemps vient briser‖ les fontaines scellées :L’étonnant printemps rit,‖ viole… On ne sait d’oùVenu ? Mais la candeur‖ ruisselle à mots si douxQu’une tendresse prend‖ la terre à ses entrailles…Les arbres regonflés‖ et recouverts d’écaillesChargés de tant de bras‖ et de trop d’horizons,Meuvent sur le soleil‖ leurs tonnantes toisons,Montent dans l’air amer‖ avec toutes leurs ailesDe feuilles par milliers‖ qu’ils se sentent nouvelles…N’entends-tu pas frémir‖ ces noms aériens,Ô Sourde !… Et dans l’espace‖ accablé de liens,Vibrant de bois vivace‖ infléchi par la cime,Pour et contre les dieux‖ ramer l’arbre unanime,La flottante forêt‖ de qui les rudes troncsPortent pieusement‖ à leurs fantasques fronts,Aux déchirants départs‖ des archipels superbes,Un fleuve tendre, ô mort,‖ et caché sous les herbes ?
Quelle résisterait,‖ mortelle, à ces remous ?Quelle mortelle ?
Moi si pure, mes genouxPressentent les terreurs‖ de genoux sans défense…L’air me brise. L’oiseau‖ perce de cris d’enfanceInouïs…l’ombre même‖ où se serre mon cœur,Et roses ! mon soupir‖ vous soulève, vainqueurHélas ! des bras si doux‖ qui ferment la corbeille…Oh ! parmi mes cheveux‖ pèse d’un poids d’abeille,Plongeant toujours plus ivre‖ au baiser plus aigu,Le point délicieux‖ de mon jour ambigu…Lumière !… Ou toi, la mort !‖ Mais le plus prompt me prenne !…Mon cœur bat ! mon cœur bat !‖ Mon sein brûle et m’entraîne !Ah ! qu’il s’enfle, se gonfle‖ et se tende, ce durTrès doux témoin captif‖ de mes réseaux d’azur…Dur en moi… mais si doux‖ à la bouche infinie !…
Chers fantômes naissants‖ dont la soif m’est unie,Désirs ! Visages clairs !‖… Et vous, beaux fruits d’amour,Les dieux m’ont-ils formé‖ ce maternel contourEt ces bords sinueux,‖ ces plis et ces calices,Pour que la vie embrasse‖ un autel de délices,Où mêlant l’âme étrange‖ aux éternels retours,La semence, le lait,‖ le sang coulent toujours ?Non ! L’horreur m’illumine,‖ exécrable harmonie !Chaque baiser présage‖ une neuve agonie…Je vois, je vois flotter,‖ fuyant l’honneur des chairsDes mânes impuissants‖ les millions amers…Non, souffles ! Non, regards,‖ tendresses… mes convives,Peuple altéré de moi‖ suppliant que tu vives,Non, vous ne tiendrez pas‖ de moi la vie !… Allez,Spectres, soupirs la nuit‖ vainement exhalés,Allez joindre des morts‖ les impalpables nombres !Je n’accorderai pas‖ la lumière à des ombres,Je garde loin de vous,‖ l’esprit sinistre et clair…Non ! Vous ne tiendrez pas‖ de mes lèvres l’éclair !…Et puis… mon cœur aussi‖ vous refuse sa foudre.J’ai pitié de nous tous,‖ ô tourbillons de poudre !
Grands Dieux ! Je perds en vous‖ mes pas déconcertés !
Je n’implorerai plus‖ que tes faibles clartés,Longtemps sur mon visage‖ envieuse de fondre,Très imminente larme,‖ et seule à me répondre,Larme qui fais trembler‖ à mes regards humainsUne variété‖ de funèbres chemins ;Tu procèdes de l’âme,‖ orgueil du labyrinthe,Tu me portes du cœur‖ cette goutte contrainte,Cette distraction‖ de mon suc précieuxQui vient sacrifier‖ mes ombres sur mes yeux,Tendre libation‖ de l’arrière-pensée !D’une grotte de crainte‖ au fond de moi creuséeLe sel mystérieux‖ suinte muette l’eau.D’où nais-tu ? Quel travail‖ toujours triste et nouveauTe tire avec retard,‖ larme, de l’ombre amère ?Tu gravis mes degrés‖ de mortelle et de mère,Et déchirant ta route,‖ opiniâtre faix,Dans le temps que je vis,‖ les lenteurs que tu faisM’étouffent… Je me tais,‖ buvant ta marche sûre…— Qui t’appelle au secours‖ de ma jeune blessure !
Mais blessures, sanglots,‖ sombres essais, pourquoi ?Pour qui, joyaux cruels,‖ marquez-vous ce corps froid,Aveugle aux doigts ouverts‖ évitant l’espérance !Où va-t-il, sans répondre‖ à sa propre ignorance,Ce corps dans la nuit noire‖ étonné de sa foi ?Terre trouble… et mêlée‖ à l’algue, porte-moi,Porte doucement moi…‖ Ma faiblesse de neige,Marchera-t-elle tant‖ qu’elle trouve son piège ?Où traîne-t-il, mon cygne,‖ où cherche-t-il son vol ?… Dureté précieuse…‖ Ô sentiment du sol,Mon pas fondait sur toi‖ l’assurance sacrée !Mais sous le pied vivant‖ qui tâte et qui la créeEt touche avec horreur‖ à son pacte natal,Cette terre si ferme‖ atteint mon piédestal.Non loin, parmi ces pas,‖ rêve mon précipice…L’insensible rocher,‖ glissant d’algues, propiceÀ fuir (comme en soi-même‖ ineffablement seul),Commence… Et le vent semble‖ au travers d’un linceulOurdir de bruits marins‖ une confuse trame,Mélange de la lame‖ en ruine, et de rame…Tant de hoquets longtemps,‖ et de râles heurtés,Brisés, repris au large…‖ et tous les sorts jetésÉperdument divers‖ roulant l’oubli vorace…
Hélas ! de mes pieds nus‖ qui trouvera la traceCessera-t-il longtemps‖ de ne songer qu’à soi ?
Terre trouble, et mêlée‖ à l’algue, porte-moi !
Mystérieuse MOI,‖ pourtant, tu vis encore !Tu vas te reconnaître‖ au lever de l’auroreAmèrement la même…Un miroir de la merSe lève… Et sur la lèvre,‖ un sourire d’hierQu’annonce avec ennui‖ l’effacement des signes,Glace dans l’orient‖ déjà les pâles lignesDe lumière et de pierre,‖ et la pleine prisonOù flottera l’anneau‖ de l’unique horizon…Regarde : un bras très pur‖ est vu, qui se dénude.Je te revois, mon bras… Tu portes l’aube…
Ô rudeRéveil d’une victime‖ inachevée… et seuilSi doux… si clair, que flatte,‖ affleurement d’écueil,L’onde basse, et que lave‖ une houle amortie !…L’ombre qui m’abandonne,‖ impérissable hostie,Me découvre vermeille‖ à de nouveaux désirs,Sur le terrible autel‖ de tous mes souvenirs.
Là, l’écume s’efforce‖ à se faire visible ;Et là, titubera‖ sur la barque sensibleÀ chaque épaule d’onde,‖ un pêcheur éternel.Tout va donc accomplir‖ son acte solennelDe toujours reparaître‖ incomparable et chaste,Et de restituer‖ la tombe enthousiasteAu gracieux état‖ du rire universel.
Salut ! Divinités‖ par la rose et le sel,Et les premiers jouets‖ de la jeune lumière,Îles !… Ruches bientôt‖ quand la flamme premièreFera que votre roche,‖ îles que je prédis,Ressente en rougissant‖ de puissants paradis ;Cimes qu’un feu féconde‖ à peine intimidées,Bois qui bourdonnerez‖ de bêtes et d’idées,D’hymnes d’hommes comblés‖ des dons du juste éther,Îles ! dans la rumeur‖ des ceintures de mer,Mères vierges toujours,‖ même portant ces marques,Vous m’êtes à genoux‖ de merveilleuses Parques :Rien n’égale dans l’air‖ les fleurs que vous placez,Mais dans la profondeur,‖ que vos pieds sont glacés !
De l’âme les apprêts‖ sous la tempe calmée,Ma mort, enfant secrète‖ et déjà si formée,Et vous, divins dégoûts‖ qui me donniez l’essor,Chastes éloignements‖ des lustres de mon sort,Ne fûtes-vous, ferveur,‖ qu’une noble durée ?Nulle jamais des dieux‖ plus près aventuréeN’osa peindre à son front‖ leur souffle ravisseur,Et de la nuit parfaite‖ implorant l’épaisseur,Prétendre par la lèvre‖ au suprême murmure.
Je soutenais l’éclat‖ de la mon toute pureTelle j’avais jadis‖ le soleil soutenu…Mon corps désespéré‖ tendait le torse nuOù l’âme, ivre de soi,‖ de silence et de gloire,Prête à s’évanouir‖ de sa propre mémoire,Écoute, avec espoir,‖ frapper au mur pieuxCe cœur, — qui se ruine‖ à coups mystérieuxJusqu’à ne plus tenir‖ que de sa complaisanceUn frémissement fin‖ de feuille, ma présence…
Attente vaine, et vaine…‖ Elle ne peut mourirQui devant son miroir‖ pleure pour s’attendrir.
Ô n’aurait-il fallu,‖ folle, que j’accomplisseMa merveilleuse fin‖ de choisir pour suppliceCe lucide dédain‖ des nuances du sort ?Trouveras-tu jamais‖ plus transparente mortNi de pente plus pure‖ où je rampe à ma perteQue sur ce long regard‖ de victime entr’ouverte,Pâle, qui se résigne‖ et saigne sans regret ?Que lui fait tout le sang‖ qui n’est plus son secret ?Dans quelle blanche pais‖ cette pourpre la laisse,À l’extrême de l’être‖ et belle de faiblesse !Elle calme le temps‖ qui la vient abolir,Le moment souverain‖ ne la peut plus pâlir,Tant la chair vide baise‖ une sombre fontaine !Elle se fait toujours‖ plus seule et plus lointaine…Et moi, d’un tel destin,‖ le cœur toujours plus près,Mon cortège, en esprit,‖ se berçait de cyprès…Vers un aromatique‖ avenir de fumée,Je me sentais conduite,‖ offerte et consumée ;Toute, toute promise‖ aux nuages heureux !Même, je m’apparus‖ cet arbre vaporeux,De qui la majesté‖ légèrement perdueS’abandonne à l’amour‖ de toute l’étendue.L’être immense me gagne,‖ et de mon cœur divinL’encens qui brûle expire‖ une forme sans fin…Tous les corps radieux‖ tremblent dans mon essence !…
Non, non !… N’irrite plus‖ cette réminiscence !Sombre lys ! Ténébreuse‖ allusion des cieux,Ta vigueur n’a pu rompre‖ un vaisseau précieux…Parmi tous les instants‖ tu touchais au suprême…— Mais qui l’emporterait‖ sur la puissance même,Avide par tes yeux‖ de contempler le jourQui s’est choisi ton front‖ pour lumineuse tour ?
Cherche, du moins, dis-toi,‖ par quelle sourde suiteLa nuit, d’entre les morts,‖ au jour t’a reconduite ?Souviens-toi de toi-même,‖ et retire à l’instinctCe fil (ton doigt doré‖ le dispute au matin),Ce fil dont la finesse‖ aveuglément suivieJusque sur cette rive‖ a ramené ta vie…Sois subtile… cruelle…‖ ou plus subtile !… Mens !…Mais sache !… Enseigne-moi‖ par quels enchantements,Lâche que n’a su fuir‖ sa tiède fumée,Ni le souci d’un sein‖ d’argile parfumée,Par quel retour sur toi,‖ reptile, as-tu reprisTes parfums de caverne‖ et tes tristes esprits ?
Hier la chair profonde,‖ hier, la chair maîtresseM’a trahie… Oh ! sans rêve,‖ et sans une caresse !…Nul démon, nul parfum‖ ne m’offrit le périlD’imaginaires bras‖ mourant au col viril ;Ni, par le Cygne-Dieu,‖ de plumes offenséeSa brûlante blancheur‖ n’effleura ma pensée…
Il eût connu pourtant‖ le plus tendre des nids !Car toute à la faveur‖ de mes membres unis,Vierge, je fus dans l’ombre‖ une adorable offrande…Mais le sommeil s’éprit‖ d’une douceur si grande,Et nouée à moi-même‖ au creux de mes cheveux,J’ai mollement perdu‖ mon empire nerveux.Au milieu de mes bras,‖ je me suis faite une autre…Qui s’aliène ?… Qui‖ s’envole ?… Qui se vautre ?…À quel détour caché,‖ mon cœur s’est-il fondu ?Quelle conque a redit‖ le nom que j’ai perdu ?Le sais-je, quel reflux‖ traître m’a retiréeDe mon extrémité‖ pure et prématurée,Et m’a repris le sens‖ de mon vaste soupir ?Comme l’oiseau se pose,‖ il fallut m’assoupir.
Ce fut l’heure, peut-être,‖ où la devineresseIntérieure s’use‖ et se désintéresse :Elle n’est plus la même…‖ Une profonde enfantDes degrés inconnus‖ vainement se défend,Et redemande au loin‖ ses mains abandonnées.Il faut céder aux vœux‖ des mortes couronnéesEt prendre pour visage‖ un souffle…Doucement,Me voici : mon front touche‖ à ce consentement…Ce corps, je lui pardonne,‖ et je goûte à la cendreJe me remets entière‖ au bonheur de descendre,Ouverte aux noirs témoins,‖ les bras suppliciés,Entre des mots sans fin,‖ sans moi, balbutiés.Dors, ma sagesse, dors.‖ Forme-toi cette absence ;Retourne dans le germe‖ et la sombre innocence,Abandonne-toi vive‖ aux serpents, aux trésors.Dors toujours ! Descends, dors‖ toujours ! Descends, dors, dors !
(La porte basse c’est‖ une bague… où la gazePasse… Tout meurt, tout rit‖ dans la gorge qui jase…L’oiseau boit sur ta bouche‖ et tu ne peux le voir…Viens plus bas, parle bas…‖ Le noir n’est pas si noir…)
Délicieux linceuls,‖ mon désordre tiède,Couche où je me répands,‖ m’interroge et me cède,Où j’allai de mon cœur‖ noyer les battements,Presque tombeau vivant‖ dans mes appartements,Qui respire, et sur qui‖ l’éternité s’écoute,Place pleine de moi‖ qui m’avez prise toute,Ô forme de ma forme‖ et la creuse chaleurQue mes retours sur moi‖ reconnaissaient la leur,Voici que tant d’orgueil‖ qui dans vos plis se plongeÀ la fin se mélange‖ aux bassesses du songe !Dans vos nappes, où lisse‖ elle imitait sa mortL’idole malgré soi‖ se dispose et s’endort,Lasse femme absolue,‖ et les yeux dans ses larmes,Quand, de ses secrets nus‖ les antres et les charmes,Et ce reste d’amour‖ que se gardait le corpsCorrompirent sa perte‖ et ses mortels accords.
Arche toute secrète,‖ et pourtant si prochaine,Mes transports, cette nuit,‖ pensaient briser ta chaîne ;Je n’ai fait que bercer‖ de lamentationsTes flancs chargés de jour‖ et de créations !Quoi ! mes yeux froidement‖ que tant d’azur égareRegardent là périr‖ l’étoile fine et rare,Et ce jeune soleil‖ de mes étonnementsMe paraît d’une aïeule‖ éclairer les tourments,Tant sa flamme aux remords‖ ravit leur existence,Et compose d’aurore‖ une chère substanceQui se formait déjà‖ substance d’un tombeau !…O, sur toute la mer,‖ sur mes pieds, qu’il est beau !Tu viens !… Je suis toujours‖ celle que tu respires,Mon voile évaporé‖ me fuit vers tes empires…
… Alors, n’ai-je formé‖ vains adieux si je vis,Que songes ?… Si je viens,‖ en vêtements ravis,Sur ce bord, sans horreur,‖ humer la haute écume,Boire des yeux l’immense‖ et riante amertume,L’être contre le vent,‖ dans le plus vif de l’air,Recevant au visage‖ un appel de la mer ;Si l’âme intense souffle,‖ et renfle furibondeL’onde abrupte sur l’onde‖ abattue, et si l’ondeAu cap tonne, immolant‖ un monstre de candeur,Et vient des hautes mers‖ vomir la profondeurSur ce roc, d’où jaillit‖ jusque vers mes penséesUn éblouissement‖ d’étincelles glacées,Et sur toute ma peau‖ que morde l’âpre éveil,Alors, malgré moi-même,‖ il le faut, ô Soleil,Que j’adore mon cœur‖ où tu te viens connaître,Doux et puissant retour‖ du délice de naître,
Feu vers qui se soulève‖ une vierge de sangSous les espèces d’or‖ d’un sein reconnaissant !
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 256((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a heure / pleure féminine, classiqueb pleurer / effleurer masculine, classiqueb profonde / fonde féminine, classiquec divisé / brisé masculine, classiqued reproche / roche féminine, classiquee amèrement / resserrement masculine, classiquef glacée / effacée féminine, classiqueg nu / inconnu masculine, classiqueh désastres / astres féminine, classiqueb temporel / surnaturel masculine, classiquec larmes / armes féminine, classiqued éternité / quitté masculine, classiquee merveille / l’éveille féminine, classiquef consommé / refermé masculine, classiqueg lampes / tempes féminine, classiqueh éclairs / chairs masculine, classiquei étendue / suspendue féminine, classiquej dorais / forêts masculine, classiquea mordre / désordre féminine, classiqueb avidité / limpidité masculine, classiquea laissée / blessée féminine, classiqueb naît / connaît masculine, classiquec enlacée / menacée féminine, classiqued possesseur / sœur masculine, classiqueb attentive / naïve féminine, classiqueb vertigineux / nœuds masculine, classiquec devine / ruine féminine, classiqued tourments / charmants masculine, classiquee rêveries / pierreries féminine, classiquef spirituel / cruel masculine, classiqueg ondes / immondes féminine, classiqueh ouverts / déserts masculine, classiquei tresse / sécheresse féminine, classiquej voir / espoir masculine, classiquek théâtre / idolâtre féminine, classiquel flambeau / tombeau masculine, classiquem infinie / agonie féminine, classiquen s’émeut / feu masculine, non classiqueo paraisses / caresses féminine, classiquep langueur / longueur masculine, classiqueq négligence / d’intelligence féminine, classiquer qu’eux / visqueux masculine, classiques massives / successives féminine, classiquet mal / animal masculine, classiqueu anxieuse / prodigieuse féminine, classiquev versés / bercés masculine, classiquew sereine / souveraine féminine, classiquex l’œil / orgueil masculine, classiquea divine / fine féminine, classiqueb corps / bords masculine, classiquea mensonge / songe féminine, classiqueb suivis / ravis masculine, classiquec achève / soulève féminine, classiqued jour / d’amour masculine, classiquee adorée / dorée féminine, classiqueb trésor / d’or masculine, classiquec m’enclore / dévore féminine, classiqued mourir / mûrir masculine, classiquee venue / nue féminine, classiquef miel / ciel masculine, classiqueg monde / vagabonde féminine, classiqueh plein / lin masculine, classiquei belles / ombelles féminine, classiquej fierté / liberté masculine, classiquek ronce / prononce féminine, classiquel couleurs / fleurs masculine, classiquea puissance / l’obéissance féminine, classiqueb polis / remplis masculine, classiquec agile / argile féminine, classiqued naturels / éternels masculine, classiquee l’Ennemie / momie féminine, classiquef effort / mort masculine, classiqueg s’abrite / n’irrite féminine, classiqueh partout / funèbre / debout masculine, classiqueb armée / enflammée féminine, classiquec l’oranger / étranger masculine, classiqued curieuse / mystérieuse féminine, classiquee art / par masculine, non classiquef abattue / statue féminine, classiqueg parcouru / disparu masculine, classiqueh demeures / heures féminine, classiquei amers / l’univers masculine, classiquej Pythonisse / finisse féminine, classiquek dieux / cieux masculine, classiquel rêverie / varie féminine, classiquem néant / béant masculine, classiquea proie / soie féminine, classiqueb jours / cours masculine, classiquec nuance / avance féminine, classiqued ennemi / demi masculine, classiquee lui-même / diadème féminine, classiquef naîtront / front masculine, classiquea tombes / colombes féminine, classiqueb voyageur / rougeur masculine, classiquec honte / m’affronte féminine, classiqueb refus / fus masculine, classiquec circonstance / distance féminine, classiqued j’adorai / décoloré masculine, non classiquee haïsse / complice féminine, équivalentef bois / voix masculine, classiqueg voilée / ailée féminine, classiquea faiblir / m’ensevelir masculine, classiqueb menaces / tenaces féminine, classiquec fûts / confus masculine, classiquea temple / exemple féminine, classiquea pâleur / couleur masculine, classiqueb vertige / tige féminine, classiquec esprits / prix masculine, classiqued ténébreuse / creuse féminine, classiqueb roi / désespère-moi masculine, classiquec condamnée / année féminine, classiqued mouvements / diamants masculine, classiquee constellées / scellées féminine, classiquef d’où / doux masculine, classiqueg entrailles / d’écailles féminine, non classiqueh d’horizons / toisons masculine, classiquei ailes / nouvelles féminine, classiquej aériens / liens masculine, classiquek cime / unanime féminine, classiquel troncs / fronts masculine, classiquem superbes / herbes féminine, classiquea remous / mortelle / genoux masculine, classiqueb défense / d’enfance féminine, classiquec cœur / vainqueur masculine, classiqued corbeille / d’abeille féminine, classiquee aigu / ambigu masculine, classiquef prenne / m’entraîne féminine, classiqueg dur / d’azur masculine, classiqueh infinie / unie féminine, classiqueb d’amour / contour masculine, classiquec calices / délices féminine, classiqued retours / toujours masculine, classiquee harmonie / agonie féminine, classiquef chairs / amers masculine, classiqueg convives / vives féminine, classiqueh Allez / exhalés masculine, classiquei nombres / ombres féminine, classiquej clair / l’éclair masculine, classiquek foudre / poudre féminine, classiquea déconcertés / clartés masculine, classiqueb fondre / répondre féminine, classiquec humains / chemins masculine, classiqued labyrinthe / contrainte féminine, classiquee précieux / yeux masculine, classiquef l’arrière-pensée / creusée féminine, classiqueg l’eau / nouveau masculine, classiqueh amère / mère féminine, classiquei faix / fais masculine, classiquej sûre / blessure féminine, classiquea pourquoi / froid masculine, classiqueb l’espérance / ignorance féminine, non classiquec foi / porte-moi masculine, classiqued neige / piège féminine, classiquee vol / sol masculine, classiquef sacrée / crée féminine, classiqueg natal / piédestal masculine, classiqueh précipice / propice féminine, classiquei seul / linceul masculine, classiquej trame / rame féminine, classiquek heurtés / jetés masculine, classiquel vorace / trace féminine, classiqueb soi / porte-moi masculine, classiquea encore / l’aurore féminine, classiqueb même / mer / d’hier masculine, classiquec signes / lignes féminine, classiqued prison / horizon masculine, classiquee dénude / l’aube / rude féminine, classiqueb seuil / d’écueil masculine, classiquec amortie / hostie féminine, classiqued désirs / souvenirs masculine, classiquea visible / sensible féminine, classiqueb éternel / solennel masculine, classiquec chaste / enthousiaste féminine, classiqued universel / sel masculine, classiqueb lumière / première féminine, classiquec prédis / paradis masculine, classiqued intimidées / d’idées féminine, classiquee éther / mer masculine, classiquef marques / Parques féminine, classiqueg placez / glacés masculine, classiquea calmée / formée féminine, classiqueb l’essor / sort masculine, classiquec durée / aventurée féminine, non classiqued ravisseur / l’épaisseur masculine, classiquee murmure / pure féminine, classiqueb soutenu / nu masculine, classiquec gloire / mémoire féminine, classiqued pieux / mystérieux masculine, classiquee complaisance / présence féminine, classiquea mourir / s’attendrir masculine, classiquea j’accomplisse / supplice féminine, classiqueb sort / mort masculine, classiquec perte / entr’ouverte féminine, classiqued regret / secret masculine, classiquee laisse / faiblesse féminine, classiquef abolir / pâlir masculine, classiqueg fontaine / lointaine féminine, classiqueh près / cyprès masculine, classiquei fumée / consumée féminine, classiquej heureux / vaporeux masculine, classiquek perdue / l’étendue féminine, classiquel divin / fin masculine, classiquem essence / réminiscence féminine, classiqueb cieux / précieux masculine, classiquec suprême / même féminine, classiqued jour / tour masculine, classiquea suite / reconduite féminine, classiqueb l’instinct / matin masculine, classiquec suivie / vie féminine, non classiqued Mens / enchantements masculine, classiquee fumée / parfumée féminine, classiquef repris / esprits masculine, classiquea maîtresse / caresse féminine, classiqueb péril / viril masculine, classiquec offensée / pensée féminine, classiquea nids / unis masculine, classiqueb offrande / grande féminine, classiquec cheveux / nerveux masculine, classiqued autre / vautre féminine, classiquee fondu / perdu masculine, classiquef retirée / prématurée féminine, classiqueg soupir / m’assoupir masculine, classiquea devineresse / désintéresse féminine, classiqueb enfant / défend masculine, classiquec abandonnées / couronnées féminine, classiqued Doucement / consentement masculine, classiquee cendre / descendre féminine, classiquef suppliciés / balbutiés masculine, classiqueg absence / innocence féminine, classiqueh trésors / dors masculine, classiquea gaze / jase féminine, classiqueb voir / noir masculine, classiquea tiède / cède féminine, classiqueb battements / appartements masculine, classiquec s’écoute / toute féminine, classiqued chaleur / leur masculine, classiquee plonge / songe féminine, classiquef mort / s’endort masculine, classiqueg larmes / charmes féminine, classiqueh corps / accords masculine, classiquea prochaine / chaîne féminine, classiqueb lamentations / créations masculine, classiquec égare / rare féminine, classiqued étonnements / tourments masculine, classiquee existence / substance féminine, classiquef tombeau / beau masculine, classiqueg respires / empires féminine, classiquea vis / ravis masculine, classiqueb écume / amertume féminine, classiquec l’air / mer masculine, classiqued furibonde / l’onde féminine, classiquee candeur / profondeur masculine, classiquef pensées / glacées féminine, classiqueg éveil / Soleil masculine, classiqueh connaître / naître féminine, classiquea sang / reconnaissant masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.0· écart moyen à la rime classique 0.1
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
516 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La Jeune Parque, Paris, Éditions de la nouvelle revue française, 1917· numérisation poesies.net· Sources