Chants du couvre-feu, 1945· Poèmes de la guerre
Approche
On fane. L'herbe meurt‖ et parfume l'air tendre.L'alouette grisolle‖ et le blé songe aux meules.Chanteront-ils encore, les grillons, sous la cendre,lorsqu'aux longs soirs d'hiver‖ mon âme sera seule ?
Mais où sera mon âme,‖ où ses frêles amours,quand les buissons mouillés‖ n'auront plus qu'ombre vaine.La mort hume l'arôme‖ hélas ! de ces beaux jours,sa main prend notre épaule‖ et déjà nous entraîne,o fleurs, vers quelle danse‖ et quel sabbat immondes ?Au bruit des faux dans l'herbe‖ un grondement se mêle,
et, tandis que s'ébranle‖ une macabre ronde,les oiseaux vers leurs nids‖ volent à tire d'ailes.
Mai 1940.
Versification
- Forme
- 3 quatrains (strophes variées)
- Rimes
- 3[abab]
- Mètre
- Alexandrins surtout (11 de 12, 1 de 13)· profil 6+6, 13i
- Strophes
- 3 quatrains
- Mots à la rime
- a tendre / cendre féminine, classiqueb meules / seule féminine, non classiquea amours / jours masculine, équivalenteb vaine / entraîne féminine, classiquec immondes / ronde féminine, classiqued mêle / d'ailes féminine, non classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.0· écart moyen à la rime classique 2.5
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
12 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Chants du couvre-feu : poèmes de la captivité, Paris, Éditions du Pavois, 1945· numérisation gallica.bnf.fr· Sources