Chants du couvre-feu, 1945· Poèmes de l’attente morne
Hiver
A Guy LAVAUD.
Ces longues pluies‖ que nous verse l'automne,tant de jours gris‖ que le ciel abandonne,de rameaux nus‖ que la bise éperonne,
tout, jusqu'aux pleurs‖ de la dernière rose,tout qui décline‖ à nos esprits proposenon pas la mort,‖ mais la métamorphose.
Ainsi la France‖ obéit aux saisons.Elle a connu‖ bourgeons et floraisons,elle a connu‖ les plus riches moissons.
Un vent pillard‖ maintenant la dépouille,ses chênes fiers‖ ne portent plus que rouilleet les débris‖ pourrissent qui la souillent.
Cinglent les pluies‖ et fouettent les tempêtesMorde le gel‖ qui nous courbe la tête,nous laissant nus,‖ grelottant comme bêtes :
Ce n'est qu'hiver‖ pour la France éternelleLe temps viendra‖ qui la couronne d'ailes,le temps des nids‖ et celui des javelles.
Versification
- Mètre
- Décasyllabes· profil 4+6
- Mots à la rime
- a l'automne / abandonne / éperonne féminine, classiquea rose / propose / métamorphose féminine, classiquea saisons / floraisons / moissons masculine, classiquea dépouille / rouille / souillent féminine, classiquea tempêtes / tête / bêtes féminine, classiquea éternelle / d'ailes / javelles féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.5· écart moyen à la rime classique 1.7
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Chants du couvre-feu : poèmes de la captivité, Paris, Éditions du Pavois, 1945· numérisation gallica.bnf.fr· Sources