Chants du couvre-feu, 1945· Poèmes de l’exil
L’arôme
A Marcel ARLAND.
Je fais ce poème aux champs,le dos sur le serpolet.Des brebis paissent, le chantde la caille vient des blés.
Chaque faim quête sa proie,et pourtant, quelle douceuret quelle paisible joieme pénètrent jusqu'au cœur !
La plante que j'ai meurtriem'embaume de sa blessure.O mort, n'es-tu qu'harmonieau concert de la nature ?
Et l'horreur de nos carnagesse peut-il qu'un dieu la goûtecomme un arôme sauvagené de ses pas sur la route ?
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abab)
- Mètre
- Heptasyllabes
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a champs / chant masculine, non classiqueb serpolet / blés masculine, classiquea proie / joie féminine, équivalenteb douceur / cœur masculine, classiquea meurtrie / qu'harmonie féminine, classiqueb blessure / nature féminine, classiquea carnages / sauvage féminine, classiqueb goûte / route féminine, non classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.5· écart moyen à la rime classique 1.9
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Chants du couvre-feu : poèmes de la captivité, Paris, Éditions du Pavois, 1945· numérisation gallica.bnf.fr· Sources