Chants du couvre-feu, 1945· Poèmes de la guerre
L’exode
A Charles BRAIBANT.
Les ponts qui franchissaient‖ de paisibles rivières,reliant d'amitié‖ les champs et les villages,tous les ponts fraternels‖ ont sauté dans les guerres,et les vieilles sans toit‖ se cachent le visage.
Nul ne sait, dans la foule,‖ où mènent les cheminsquand nous allons, traînant‖ nos peurs avec nos hardes,les pieds meurtris, le cœur‖ plus las, aux lendemains.
N'est-il donc sur la tour‖ de veilleur à sa gardeet l'archer ne va-t-il‖ abattre le destindes hommes sans amour‖ qui n'ont plus que leur faim ?
Peut-être atteindrons-nous‖ aux plus lointaines criques,mais les bateaux ont fui‖ loin des môles désertset les cadavres seuls‖ dormiront dans les merssous l'aveugle regard‖ des poissons électriques.
Juin 1940.
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abab cdcd eef ggf
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a rivières / guerres féminine, classiqueb villages / visage féminine, non classiquea chemins / lendemains masculine, classiqueb hardes / garde féminine, non classiqueb destin / faim masculine, classiquea criques / électriques féminine, classiqueb déserts / mers masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 1.4
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Chants du couvre-feu : poèmes de la captivité, Paris, Éditions du Pavois, 1945· numérisation gallica.bnf.fr· Sources