Chants du couvre-feu, 1945· Poèmes de l’attente morne
La mer
A Pierre BÉARN.
Par la guerre enfantés‖ du ventre des navires,les cadavres en vain‖ tombent dans les abîmes.En vain, fleuves errants,‖ toujours grossis, nos crimesmêlent un limon rouge‖ au flux qui te déchire.Telle est, immensément,‖ ta farouche amertumeque nul ne te pollue,‖ o pure, chaste mer.
Pourquoi baigner nos cœurs‖ de ta sauvage écume,usant comme un galet‖ ce mal où je me perds ?Déferle sur nos jours,‖ et d'un raz de maréeformidable, tes vagues‖ hurlant de colère,purifie la terre de l'homme —‖ à tout jamais !
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 1[abba] 1[ababcbc]
- Mètre
- Alexandrins· profil 6÷6
- Strophes
- 1 quatrain, 1 septain
- Mots à la rime
- a navires / déchire féminine, non classiqueb abîmes / crimes féminine, classiquec amertume / écume féminine, classiqued mer / perds / colère mixte, non classiquec marée / jamais mixte, mixte
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.0· écart moyen à la rime classique 6.7
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
11 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Chants du couvre-feu : poèmes de la captivité, Paris, Éditions du Pavois, 1945· numérisation gallica.bnf.fr· Sources