Chants du couvre-feu, 1945· Poèmes de l’attente morne
Le pont putte-savate
A Mlle Germaine MAILLET.
Par le vieux pont Putte-Savateerrent les siècles disparates,combien de dames et d'amour,mais, plus encor, combien de peines ?
Ce sont les pas de tous les jours,et non les talons de la reine,qui marquent la terre d'empreintes.Les hommes coulent comme l'eausous le vieux pont Putte-Savate,et ne sais quel plus lourd bateauque ce cœur trahi par la vie…
Traînant désirs, pillages, craintes,la guerre passe, et la folie.Hélas tant d'hommes qui se battent,qui peinent, prient, rêvent, bâtissent,laisseront moins de trace au mondeque cette eau paresseuse, lissesous le vol brisé de l'aronde.
Versification
- Mètre
- Octosyllabes
- Mots à la rime
- a Putte-Savate / disparates féminine, non classiqueb d'amour / jours masculine, non classiquec peines / reine féminine, non classiquec d'empreintes / craintes féminine, non classiqued l'eau / bateau masculine, classiquee Putte-Savate / battent féminine, classiquef vie / folie féminine, classiqued bâtissent / lisse féminine, non classiquee monde / l'aronde féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.0· écart moyen à la rime classique 2.8
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Chants du couvre-feu : poèmes de la captivité, Paris, Éditions du Pavois, 1945· numérisation gallica.bnf.fr· Sources