Chants du couvre-feu, 1945· Poèmes de l’attente morne
Pleurs divins
Le vent nocturne se lamente.Clamera-t-il le deuil du monde ?Sans fin, par d'invisibles sentes,monte la mort, menant la ronde.
Fatigue, froid, faim carillonnentaux oreilles des claquedents ;les cris d'angoisses tourbillonnentet se tourmentent les déments.
Par les champs nus mordent la terreà pleines dents les morts des guerres.Cornent le vent et la misère !
Les villes sont des incendiesoù, calcinés, des enfants meurent.Corne le vent, battent les pluies !
Cette goutte, sur mes paupières,n'est-ce pas — enfin — Dieu qui pleure ?
Versification
- Mètre
- Octosyllabes
- Mots à la rime
- a lamente / sentes féminine, non classiqueb monde / ronde féminine, classiquea carillonnent / tourbillonnent féminine, classiqueb claquedents / déments masculine, classiquea terre / guerres féminine, non classiqueb misère / paupières féminine, non classiquea incendies / pluies féminine, classiqueb meurent / pleure féminine, non classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.8· écart moyen à la rime classique 2.5
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Chants du couvre-feu : poèmes de la captivité, Paris, Éditions du Pavois, 1945· numérisation gallica.bnf.fr· Sources