Chants du couvre-feu, 1945· Poèmes de l’attente morne
Ténèbres
Les foules si longtemps‖ marchèrent par les plainesque leurs pieds sont usés,‖ leurs âmes et leurs dieux.Le sang ne porte plus‖ qu'amertume en leurs veineset le poids de leurs cœurs‖ s'ajoute au poids, des cieux.
Tout meurt. Les drapeaux las‖ ont pourri sous les casques.Dans l'ombre encor fumante‖ et rouge des batailles,les idoles vaincues‖ cherchent de nouveaux masques.Quelle aube, d'épées nues,‖ crèvera l'horizon ?
A genoux, les devins‖ ont fouillé les entrailleset flagellé la nuit‖ de cris et de brandons,mais nul ne voit lever‖ de promesses d'aurore,
nul ne sait quel chemin‖ choisira l'avenir.Tout meurt. Au fond des mers‖ les voiles vont périr.N'éclaterez-vous plus,‖ clarté d'or du Thabor ?
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 1[abab] 1[abacbc] 1[abba]
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a plaines / veines féminine, classiqueb dieux / cieux masculine, classiquea casques / masques féminine, classiqueb batailles / entrailles féminine, classiquec l'horizon / brandons masculine, non classiquec d'aurore / Thabor mixte, classiquea l'avenir / périr masculine, mixte
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.1· écart moyen à la rime classique 2.9
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Chants du couvre-feu : poèmes de la captivité, Paris, Éditions du Pavois, 1945· numérisation gallica.bnf.fr· Sources