Les flamandes, 1883
L’abreuvoir
En un creux de terrain‖ aussi profond qu'un antre,Les étangs s'étalaient‖ dans leur sommeil moiré,Et servaient d'abreuvoir‖ au bétail bigarré,Qui s'y baignait, le corps‖ dans l'eau jusqu'à mi-ventre.
Les troupeaux descendaient,‖ par des chemins penchants :Vaches à pas très lents,‖ chevaux menés à l'amble,Et les bœufs noirs et roux‖ qui souvent, tous ensemble,Beuglaient, le cou tendu,‖ vers les soleils couchants.
Tout s'anéantissait‖ dans la mort coutumière,Dans la chute du jour :‖ couleurs, parfums, lumière,Explosions de sève‖ et splendeurs d'horizons ;
Des brouillards s'étendaient‖ en linceuls aux moissons,Des routes s'enfonçaient‖ dans le soir — infinies,Et les grands bœufs semblaient‖ râler ces agonies.
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abba cddc eef fgg
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a antre / mi-ventre féminine, classiqueb moiré / bigarré masculine, classiquea penchants / couchants masculine, classiqueb l'amble / ensemble féminine, classiquea coutumière / lumière féminine, classiqueb d'horizons / moissons masculine, classiqueb infinies / agonies féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes, Paris, Société du Mercure de France, 1895· numérisation poesies.net· Sources