Les soirs, 1887· Les débâcles 1888· II Déformation morale
Heure d’automne
C’est bien mon deuil, le tien,‖ ô l’automne dernière !Râles que roule, au vent‖ du nord, la sapinière,Feuillaison d’or à terre‖ et feuillaison de sang,Sur des mousses d’orée‖ ou des mares d’étang,Pleurs des arbres, mes pleurs,‖ mes pauvres pleurs de sang.
C’est bien mon deuil, le tien,‖ ô l’automne dernière !Secousses de colère‖ et rages de crinière,Buissons battus, mordus,‖ hachés, buissons crevés,Au double bord des longs‖ chemins, sur les pavés,Bras des buissons, mes bras,‖ mes pauvres bras levés.
C’est bien mon deuil, le tien,‖ ô l’automne dernière ?Quelque chose, là-bas,‖ broyé dans une ornière,Qui grince immensément‖ ses désespoirs ardusEt qui se plaint, ainsi‖ que des arbres tordus,Cris des lointains, mes cris,‖ mes pauvres cris perdus.
Versification
- Forme
- 3 quintils (quintils)
- Rimes
- 3(aabbb)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 3 quintils
- Mots à la rime
- a dernière / sapinière féminine, classiqueb sang / d’étang masculine, classiquea dernière / crinière féminine, classiqueb crevés / pavés / levés masculine, classiquea dernière / ornière féminine, classiqueb ardus / tordus / perdus masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
15 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes, Bruxelles, Edmond Deman, 1895· numérisation wikisource.org· Sources