Les soirs, 1887· Les débâcles 1888· II Déformation morale
Si morne !
Se replier toujours‖ sur soi-même, si morne !Comme un drap lourd, qu’aucun‖ dessin de fleur n’adore.
Se replier,‖ s’appesantir et se tasserEt se toujours,‖ en angles noirs et mats, casser.
Si morne ! et se toujours‖ interdire l’envieDe tailler en drapeaux‖ l’étoffe de sa vie.
Tapir entre les plis‖ ses mauvaises fureursEt ses rancœurs et ses‖ douleurs et ses erreurs.
Ni les frissons soyeux,‖ ni les moires fondantesMais les pointes en soi‖ des épingles ardentes.
Oh ! le paquet qu’on pousse‖ ou qu’on jette à l’écart,Si morne et lourd, sur un‖ rayon, dans un bazar.
Déjà sentir la bouche‖ âcre des moisissuresGluer, et les taches s’étendre‖ en leurs morsures
Pourrir, immensément‖ emmailloté d’ennui ;Être l’ennui qui se‖ replie en de la nuit.
Tandis que lentement,‖ dans les laines ourdies,De part en part,‖ mordent les vers des maladies.
Versification
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes, Bruxelles, Edmond Deman, 1895· numérisation wikisource.org· Sources