Amour, 1888
A Emmanuel Chabrier
CHABRIER, nous faisions,‖ un ami cher et moi,Des paroles pour vous‖ qui leur donniez des ailes,Et tous trois frémissions‖ quand, pour bénir nos zèles,Passait l’Ecce Deus‖ et le Je ne sais quoi.
Chez ma mère charmante‖ et divinement bonne,Votre génie‖ improvisait au piano,Et c’était tout autour‖ comme un brûlant anneauDe sympathie et d’aise‖ aimable qui rayonne.
Hélas ! ma mère est morte‖ et l’ami cher est mort.El me voici semblable‖ au chrétien près du port,Qui surveille les tout‖ derniers écueils du monde,
Non toutefois‖ sans saluer à l’horizon,Comme une voile sur‖ le large au blanc frisson,Le souvenir des frais‖ instants de paix profonde.
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abba cddc eef ggf
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
- Mots à la rime
- a moi / quoi masculine, classiqueb ailes / zèles féminine, classiquea bonne / rayonne féminine, classiqueb piano / anneau masculine, classiquea mort / port masculine, classiqueb monde / profonde féminine, classiquea l’horizon / frisson masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Léon Vanier, 1900· numérisation scribd.com· Sources