Amour, 1888· Lucien Létinois
IV. « Ma cousine Élisa, presque une sœur aînée »
Ma cousine Élisa,‖ presque une sœur aînéeMieux qu’une sœur, ô toi,‖ voici donc ramenéeLa saison de malheur‖ où tu me quittas pourCe toujours, – ce jamais !‖ Le voici de retourLe jour affreux qui m’a‖ sevré de l’aile douceOù m’abriter‖ contre tel chagrin de Tom Pouce,Tel bobo. Certes oui,‖ pauvre maman étaitBien, trop ! bonne, et mon cœur‖ à la voir palpitait,Tressautait, et riait,‖ et pleurait de l’entendre.Mais toi, je t’aimais autrement,‖ non pas plus tendre,Plus familier, voilà.‖ Car la Mère est toujoursAu fond redoutée un‖ petit et respectéeAbsolument, tandis‖ qu’à jamais regrettée,Tu m’apparais, chère ombre,‖ ainsi qu’en ton vivant,Blonde et rose au profil‖ pourtant grave et rêvantAvec de beaux yeux bleus‖ où s’instruisait mon âmeDe tout petit garçon,‖ et plus tard, où la flammeDe ma forte amitié‖ chaste d’adolescentPuis d’homme mettait un‖ reflet incandescent.Et tu me fus d’abord‖ guide puis camarade,Puis ami, non amie‖ (une nuance fade).
Et tu dors maintenant‖ après m’avoir béni.Mais je sens bien qu’en moi‖ quelque chose est fini.
Versification
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
23 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Léon Vanier, 1900· numérisation scribd.com· Sources