Amour, 1888· Lucien Létinois
XXIV. « Ta voix grave et basse »
Ta voix grave et bassePourtant était douceComme du velours,Telle, en ton discours,Sur de sombre mousseDe belle eau qui passe.
Ton rire éclataitSans gêne et sans art,Franc, sonore et libre.Tel, au bois qui vibre,Un oiseau qui partTrillant son motet.
Cette voix, ce rireFont dans ma mémoire,Qui te voit souventEt mort et vivant,Comme un bruit de gloireDans quelque martyre.
Ma tristesse en toiS’égaie à ces sonsQui disent : « Courage ! »Au cœur que l’orageEmplit des frissonsDe quel triste émoi !
Orage, ta rage.Tais-la, que je causeAvec mon amiQui semble endormi,Mais qui se reposeEn un conseil sage…
Versification
- Mètre
- Pentasyllabes
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
30 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Léon Vanier, 1900· numérisation scribd.com· Sources