Dédicaces, 1890
XX. A George Bonnamour
J’ÉTAIS malade de‖ regrets, de quels regrets !Toute ma bonne foi‖ pleurait d’une méprise.Mon corps qui fut‖ naguère fort, si faible aprèsAgonisait‖ presque, comme un tigre agonise.
Ma face dure aux poils‖ fauves de barbe griseSuait froid, mes yeux clos‖ se rejoignaient trop près,D’affreux hoquets‖ me secouaient sous ma chemiseEt mes membres s’alignaient, à la mort tout prêts.
Puis il fallut manger‖ et boire. Comment faire ?Mais vous vous trouviez là‖ qui me tendiez mon verreEt découpiez ma chère‖ et me teniez le front.
Et, tout en écoutant,‖ pieux, ma juste plainte,La consolant parfois‖ d’un mot franc dit sans crainte,Berciez l’enfant qu’est moi‖ des beaux jours qui seront.
Versification
- Forme
- Sonnet peu classique (sonnet)
- Rimes
- abab baba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6÷6
- Mots à la rime
- a regrets / après masculine, classiqueb méprise / agonise féminine, classiquea grise / chemise féminine, classiqueb près / prêts masculine, classiquea faire / verre féminine, classiqueb front / seront masculine, classiquea plainte / crainte féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Léon Vanier, 1901· numérisation scribd.com· Sources