Dédicaces, 1890
LXXX. A Gustave Lerouge
LA vie est vraiment si‖ stupide que ; ma foi !J’ai, devant cette‖ perspective plus que bête,Résolu de n’être absolument qu’un poèteSans plus, et de vieillir‖ ainsi, ne sachant quoi
Que ce soit, que d’aimer‖ au hasard devant moi.Aimer pour ne haïr,‖ aimer d’amour honnêteOu non, d’estime‖ ou d’intérêt, en proxénèteA moins qu’en martyr, et‖ n’ayant plus d’autre émoi !
Lerouge ! Et vous ? Tout cœur‖ et toute flamme vive,Qu’allez-vous faire en notre‖ exil ainsi qu’il est,Vous, une si belle âme‖ en un monde si laid ?
Bah ! faites comme moi,‖ dussent trouver naïveVotre ample expansion‖ ceux forts que vous fallaitAimer sans fin ni loi.‖ Et qui m’aime me suive !
Broussais, décembre 1891.
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abba abba cdd cdc
- Mètre
- Alexandrins· profil 6÷6
- Mots à la rime
- a foi / quoi masculine, classiqueb bête / poète féminine, classiquea moi / émoi masculine, classiqueb honnête / proxénète féminine, classiquea vive / naïve / suive féminine, classiqueb est / laid / fallait masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.5· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Léon Vanier, 1901· numérisation scribd.com· Sources