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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Dédicaces, 1890· Marceline Desbordes-Valmore

I. « Telle autre gloire est, j’ose dire, plus fameuse »

Paul Verlaine· 12 quatrains, alexandrins, 48 vers

Telle autre gloire est, j’ose‖ dire, plus fameuse,Dont l’éclat éblouit‖ mieux encor qu’il ne luit :La sienne fait plus de‖ musique que de bruit,Bien que de pleurs brûlants‖ écumeuse et fumeuse.

Mais la bouté du cœur,‖ mais l’âme haute et pureTempèrent ce torrent‖ de douleur et d’amourEt, se mêlant à la‖ douceur de la nature,A sa souffrance aussi,‖ de nuit comme de jour,

Promènent sous le ciel‖ tout pluie et tout soleilA chaque instant, avec‖ à peine des nuances,Un large fleuve‖ harmonieux de confiancesVives et de désespoirs lents,‖ et, non pareil,

Il chante, l’ample fleuve‖ au capricieux cours,L’hymne infini‖ de toute la tendresse humaineOù la fille et l'amante‖ et la mère ont leurs tours,Où le poète aussi,‖ dans l’horreur qui nous mène,

Vient mêler son sanglot‖ qui finit en prièreUniverselle, et la‖ beauté même d'un artIssu du sang lui-même‖ et de la vie entière,Rires, larmes, désirs‖ et tout, comme au hasard.

Car elle fut artiste,‖ et, sous la fougue ardenteDont va battre son vers‖ vibrant comme son cœur,On perçoit et l'on doit‖ admirer l'imprudenteMain au prudent doigté‖ tout vigueur et langueur.

— Les villes, ainsi que‖ les peuples, ont la gloireQu'elles valent, et toi,‖ Douai, tu méritasCelle-ci, pays calme‖ où vécut de l'histoireTumultueuse en masse‖ et formidable en tas,

Cité d'églises et‖ de beffrois, et campagnesPleines de « jeunes‖ Albertines », mais, encor,« Où s'assirent longtemps‖ les ferventes Espagnes. »Tel l'œuvre et tel le cœur,‖ fleurs et pleurs, flûte et cor

En harmonie avec‖ la femme et le génie.Il est juste, il est temps —‖ pour l'honneur de ses vers ?Non, ils sont ton honneur‖ même et ta fleur bénie,Sa patrie, ô Douai,‖ « doux lieu de l'univers » —,

Il n'est que temps, il n'est‖ que grand temps et que juste,Ville, son cher souci‖ dans ce cruel Paris,De dresser quelque part‖ sa ressemblance augusteEn quelqu'un de tes « coins »‖ qu'elle a le plus chéris,

Afin que les cloches encor‖ de Notre-DameBercent du moins son ombre‖ à l'ombre des rameauxQui furent familiers‖ aux repos de cette âmeInfatigable et qui‖ lui murmuraient les mots

De ces poèmes dont‖ nous célébrons la fêteIntellectuelle et‖ cordiale, — et, ô Toi,Ô grande Marceline,‖ ô sublime poëte,Et femme exquise,‖ accueille cet acte de foi !

21 avril 1895.

Versification

Forme
12 quatrains (strophes variées)
Rimes
2(abba) 10(abab)
Mètre
Alexandrins· profil 6=6
Strophes
12 quatrains
Mots à la rime
a fameuse / fumeuse féminine, classiqueb luit / bruit masculine, classiquea pure / nature féminine, classiqueb d’amour / jour masculine, classiquea soleil / pareil masculine, classiqueb nuances / confiances féminine, classiquea cours / tours masculine, classiqueb humaine / mène féminine, classiquea prière / entière féminine, classiqueb art / hasard masculine, classiquea ardente / l'imprudente féminine, classiqueb cœur / langueur masculine, classiquea gloire / l'histoire féminine, classiqueb méritas / tas masculine, classiquea campagnes / Espagnes féminine, classiqueb encor / cor masculine, classiquea génie / bénie féminine, classiqueb vers / l'univers masculine, classiquea juste / auguste féminine, classiqueb Paris / chéris masculine, classiquea Notre-Dame / âme féminine, classiqueb rameaux / mots masculine, classiquea fête / poëte féminine, classiqueb Toi / foi masculine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

48 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Léon Vanier, 1901· numérisation scribd.com· Sources