Fêtes galantes, 1869
L’Amour par terre
Le vent de l’autre nuit‖ a jeté bas l’AmourQui, dans le coin le plus‖ mystérieux du parc,Souriait en bandant‖ malignement son arc,Et dont l’aspect nous fit‖ tant songer tout un jour !
Le vent de l’autre nuit‖ l’a jeté bas ! Le marbreAu souffle du matin‖ tournoie, épars. C’est tristeDe voir le piédestal,‖ où le nom de l’artisteSe lit péniblement‖ parmi l’ombre d’un arbre.
Oh ! c’est triste de voir‖ debout le piédestalTout seul ! et des pensers‖ mélancoliques vontEt viennent dans mon rêve‖ où le chagrin profondÉvoque un avenir‖ solitaire et fatal.
Oh ! c’est triste ! — Et toi-même,‖ est-ce pas ? es touchéeD’un si dolent tableau,‖ bien que ton œil frivoleS’amuse au papillon‖ de pourpre et d’or qui voleAu-dessus des débris‖ dont l’allée est jonchée.
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a l’Amour / jour masculine, classiqueb parc / arc masculine, classiquea marbre / arbre féminine, classiqueb triste / l’artiste féminine, classiquea piédestal / fatal masculine, classiqueb vont / profond masculine, classiquea touchée / jonchée féminine, classiqueb frivole / vole féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Léon Vanier, 1902· numérisation wikisource.org· Sources