Hombres (hommes), 1891
XI. « Même quand tu ne bandes pas »
Même quand tu ne bandes pas,Ta queue encor fait mes délicesQui pend, blanc d’or entre tes cuisses,Sur tes roustons, sombres appas.
– Couilles de mon amant, sœurs fièresÀ la riche peau de chagrinD’un brun et rose et purpurin,Couilles farceuses et guerrières,
Et dont la gauche balle un peu,Tout petit peu plus bas que l’autreD’un air roublard et bon apôtreÀ quelles donc fins, nom de Dieu ? –
Elle est dodue, ta quéquetteEt veloutée, du pubisAu prépuce fermant le pis,Aux trois quarts d’une rose crête.
Elle se renfle un brin au boutEt dessine sous la peau douceLe gland gros comme un demi-pouceMontrant ses lèvres juste au bout.
Après que je l’aurai baiséeEn tout amour reconnaissant,Laisse ma main la caressant,La saisir d’une prise osée,
Pour soudain la décalotter,En sorte que, violet tendre,Le gland joyeux, sans plus attendre,Splendidement vient éclater ;
Et puis elle, en bonne bougresseAccélère le mouvementEt Jean-nu-tête en un momentDe se remettre à la redresse.
Tu bandes ! c’est ce que voulaientMa bouche et mon cul : choisis, maître.Une simple douce, peut-être ?C’est ce que mes dix doigts voulaient.
Cependant le vit, mon idole,Tend pour le rite et pour le cul‑Te, à mes mains, ma bouche et mon culSa forme adorable d’idole.
1891.
40 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Hombres, (Imprimé sous le manteau et ne se vend nulle part), 1904· numérisation La Bibliothèque électronique du Québec· Sources