Invectives, 1896
XXXII. Un peu de politique
Tribune des Cinq-Cents,‖ attributs indécents,Tremplin mesquin pour tous‖ plongeons dans les non-sens,Dans ces mensonges, dans‖ telles logomachies,Et, chose pire, dans‖ les pires des orgiesDe gaspillages‖ d’honneur civique et d’argent !Tribune où Bonaparte,‖ en homme intelligentVraiment, ne monta qu’un‖ instant pour donner l’ordreDe la jeter bas, dût‖ mons Arena le mordreD’un poignard de théâtre‖ et d’un « Tyran ! » appris ;Tribune remplacée‖ au-delà de son prix,Bien au-delà de son‖ prix, ce leurre, par celleDes rois revenus, qu’on‖ peut nommer la PucelleDe parlementarisme‖ honnête, celui-là(Non celui-ci !) et puis,‖ comme tout s’écroulaDe fier encor dans ce‖ pays qu’un chacun pipe,Tribune encore de‖ l’affreux Louis-Philippe,Et de Prud’homme et de‖ Robert Macaire et deTous les pieds plats‖ et d’aussi tous les cœurs bas queLa honte attire et que‖ l’opprobre rassasie !
Quarante-Huit te mit‖ au rancart, trop moisieQue t’étais pour ses paradoxes‖ innocents,Tribune des Cinq-Cents,‖ attributs indécents,Et l’Empire second‖ pour malpropre te tint…
Mais vint le Prussien…Ton prestige est reteint,Ton bas-relief d’ailleurs‖ sans talent d’autre guiseQue d’étaler des seins‖ qui ne sont plus de miseEt qu’un artiste un peu‖ noble « ne saurait voir »Sans un chagrin profond‖ et sans un ennui noir,Ton bas-relief, à neuf‖ gratté, t’encor décore,Tremplin mesquin pour tout‖ plongeur dans tout non-sens,Symbole de ceux-ci,‖ jacobins indécents.
Versification
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
32 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Léon Vanier, 1901· numérisation scribd.com· Sources