Jadis et naguère, 1884· Jadis· Sonnets et autres vers
Allégorie
A Jules Valadon.
Despotique, pesant,‖ incolore, l’Été,Comme un roi fainéant‖ présidant un supplice,S’étire par l’ardeur‖ blanche du ciel compliceEt bâille. L’homme dort‖ loin du travail quitté.
L’alouette, au matin,‖ lasse n’a pas chanté.Pas un nuage, pas‖ un souffle, rien qui plisse.Ou ride cet azur‖ implacablement lisseOù le silence bout‖ dans l’immobilité.
L’âpre engourdissement‖ a gagné les cigalesEt sur leur lit étroit‖ de pierres inégalesLes ruisseaux à moitié‖ taris ne sautent plus.
Une rotation‖ incessante de moiresLumineuses étend‖ ses flux et ses reflux…Des guêpes, ça et là‖ volent, jaunes et noires.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a l’Été / quitté masculine, classiqueb supplice / complice féminine, classiquea chanté / l’immobilité masculine, classiqueb plisse / lisse féminine, classiquea cigales / inégales féminine, classiqueb plus / reflux masculine, classiquea moires / noires féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Léon Vanier, 1902· numérisation scribd.com· Sources