Jadis et naguère, 1884· Jadis· Sonnets et autres vers
Sonnet boiteux
A Ernest Delahaye.
Ah ! vraiment c’est triste,‖ ah ! vraiment ça finit trop mal.Il n’est point permis‖ d’être à ce point infortuné.Ah ! vraiment c’est trop‖ la mort du naïf animalQui voit tout son sang‖ couler sous son regard fané.
Londres fume et crie.‖ O quelle ville de la Bible !Le gaz flambe et nage‖ et les enseignes sont vermeilles.Et les maisons dans‖ leur ratatinement terribleÉpouvantent comme‖ un sénat de petites vieilles.
Tout l’affreux passé‖ saute, piaule, miaule et glapitDans le brouillard rose‖ et jaune et sale des sohosAvec des indeeds‖ et des all rights et des hâos.
Non vraiment c’est trop‖ un martyre sans espérance,Non vraiment cela‖ finit trop mal, vraiment c’est triste :O le feu du ciel‖ sur cette ville de la Bible !
Versification
- Mètre
- Vers de 13 syllabes· profil 5−8
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Léon Vanier, 1902· numérisation scribd.com· Sources