Odes en son honneur, 1893
VIII. « Cuisses grosses mais fuselées »
Cuisses grosses mais fuselées,Tendres et fermes par dessous,Dessus d’un dur qui serait doux,Musculeuses et potelées,
Cuisses si bonnes tant baiséesDevers leur naissance et par là,Blanches plus que rose-thé, laMeilleure part de mes pensées,
Genoux, petites têtes d’angesBouffis dans leur juste maigreur,Mollets bondis qui font fureurEn des bas clairs craignant les fanges.
Pieds dressés pour te hausser jusqueA ma taille pour t’embrasser,Moi, t’enlever et te placerSur le lit, pieds très beaux que busque
La cheville de mol ivoireEt que parfume leur fraîcheur ;Doigts délicats, frêle rougeurDoucement fauve au talon, voire
Assez forte peau pour la marche,Mais quoi ! faut-il pas au cher corpsBase solide et soutiens forts,Au cher corps qui garde mon Arche,
L’arche de crainte et de blandicesOù j’entre, tous torts expiés,Comme on monterait au ciel. PiedsDivins, genoux fins, bonnes cuisses !
Versification
- Mètre
- Octosyllabes
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Léon Vanier, 1905· numérisation scribd.com· Sources