Parallèlement, 1889
Ballade de la vie en rouge
L’UN toujours vit la vie en rose,Jeunesse qui n’en finit plus,Seconde enfance moins morose,Ni vœux, ni regrets superflus.Ignorant tout flux et reflux,Ce sage pour qui rien ne bougeRègne instinctif : tel un phallus,Mais moi je vois la vie en rouge.
L’autre ratiocine et gloseSur des modes irrésolus,Soupesant, pesant chaque choseDe mains gourdes aux lourds calus.Lui faudrait du temps tant et plusPour se risquer hors de son bouge.Le monde est gris à ce reclus.Mais moi je vois la vie en rouge.
Lui, cet autre alentour il oseJeter des regards bien voulus,Mais, sur quoi que son œil se pose,Il s’exaspère où tu te plus,Œil des philanthropes joufflus ;Tout lui semble noir, vierge ou gouge,Les hommes, vins bus, livres lus,Mais moi je vois la vie en rouge.
Prince et princesse, allez, élus,En triomphe par la route où jeTrime d’ornières en talus.Mais moi je vois la vie en rouge.
Versification
- Mètre
- Octosyllabes surtout (26 de 8, 1 de 7, 1 de 9)· profil 8, 9i
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Léon Vanier, 1900· numérisation scribd.com· Sources