Poèmes divers, 1895
À monsieur et madame Tarlé
La Mort qui nous possède‖ et nous tient sous sa peurMais dont l'horreur nous est‖ tellement coutumièreQue nous n'y pensons pas‖ ou, lors, n'y pensons guère,Sans quoi tous sécheraient,‖ sur-le-champ, de stupeur,
À moins d'être les saints‖ d'un temps pire ou meilleurQui dans elle voyait‖ la bonne avant-courrière,La Mort prend mille aspects‖ cruels, et dans sa guerreImplacable, a le geste‖ effroyable ou railleur.
Mais l'atroce, c'est quand‖ une famille unie,Belle, se trouve encore‖ embellie et bénieD'un frais enfant, fleur de‖ printemps éclose dans
Les soucis, désormais !‖ consolés de l'automne,Et que l'autre, avec son‖ hideux rictus atone,Vient désoler l'automne‖ et tuer le printemps.
Hôpital Broussais, 7 septembre 1893.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a peur / stupeur masculine, classiqueb coutumière / guère féminine, classiquea meilleur / railleur masculine, classiqueb avant-courrière / guerre féminine, classiquea unie / bénie féminine, classiqueb dans / printemps masculine, classiquea l'automne / atone féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques complètes, Paris, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1962· Sources