Poèmes divers, 1895
Écrit sur un livre de notes intimes
Ma vie en ce gros livre‖ obscène tient à peine :Obscène, ce gros livre ?‖ Hélas ! à peine obscèneAu prix de ma vie et‖ du vivant que je suis !Et cette vie et ce‖ vivant, de quantes nuitsEt de combien de jours‖ se somme leur scandale,Pour faire du bouquin‖ cette pyramidaleSurface encore entée‖ en tel sous-entendu ?Mon Dieu, sans qu'ils soient vieux‖ comme il semblerait dû,Cinquante ans bien sonnés‖ couronnent de verveinesEt de soucis leurs fronts‖ aux fiertés jadis vainesEt maintenant‖ aux sévérités d'apparat…Et j'ai dit tout afin‖ que nul n'en ignorât,Tout, — et rien, pour qu’on ne sût rien, tiens ! qui m’importeVraiment, — et semblant fort, surtout, mettre à la porteToute prudence ou réticence, j’ai gardéToute prudence et me suis tu quand m’a guidéMon idée, et c’est bien pourquoi n’est pas obscèneNi gros assez ce livre où je me mets en scène.
Hôpital Bichat, 7 décembre 1894.
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques complètes, Paris, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1962· Sources